La futilité du débat autour de la liberté sexuelle au Maroc

 

Nous avons tous suivis dernièrement le débat rébarbatif au sujet de la liberté sexuelle au Maroc, décidément tout le monde s’y met, associations, presse, médias, prédicateurs religieux, élites intellectuelles, et notre pauvre société se retrouve prise au piège de ce niveau futile qui de toute évidence ne représente aucune valeur ajoutée pour les Marocains, du moins pour le moment.

 

Une chose est sûre, ce qui échappe à nos élites intellectuelles qui alimentent tout ce buzz insignifiant, c’est que la liberté sexuelle passe actuellement pour le cadet des soucis chez les Marocains, notre société patauge dans une myriade de problématiques de tout type confondus, face à la crise financière et économique mondiale, notre économie est entrain de vivre une récession économique qui se fait ressentir chaque jour de plus en plus, le niveau du chômage (très élevé depuis des années déjà) augmente de plus en plus, la précarité et la pauvreté touchent une couche sociale encore plus importante, les infrastructures du pays (Santé, éducation, Transport….) ne sont toujours pas au niveau et malgré tout les chantiers et projets de mise à niveau qui fusent de toutes parts, l’évolution peine à accompagner les besoins réels du pays, la dilapidation du denier public et la corruption infestent toujours nos institutions publiques de manière flagrante, et ce sans parler de la croissance économique dont les chiffres sont constamment revus à la baisse et je n’ai nul besoin d’expliquer l’impact négatif que cela cause sur notre PIB et sur le coût de la vie qui devient de plus en plus cher pour les Marocains et à côté de tout ça, il faut garder à l’esprit le contexte économique et surtout politique dans lequel nous évoluons (Printemps Arabe), qui nous impose un minimum de sobriété dans nos réflexions.

 

Et au milieu de tout ça, nos élites intellectuelles ( Presse, associations, personnage publiques et même politiciens …) trouvent plus d’intérêt à débattre du niveau de liberté sexuelle dont les on a besoin plutôt que de s’atteler à la tâche Ô combien rude de faire avancer ce grand chantier qu’est le Maroc, en se détachant complètement des véritables difficultés et problématiques au sujet desquelles nous attendons leurs efforts, et dans ce sens, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit tout simplement d’une preuve de mauvaise foi de leur part, puisqu’ils ne sont pas sans savoir que le citoyen Marocain a des soucis encore plus délicat et plus urgent à gérer, les plus jeunes d’entre nous manquent de perspectives sérieuses pour leur avenir, souffrent d’un niveau d’éducation scolaire et universitaire dépassé qui ne leur donne aucune garantie d’insertion professionnelle, les diplômés d’entre eux passent en moyenne 2 à 3 ans si ce n’est pas plus avant de pouvoir accéder à un emploi, et ceux qui ont en déjà n’arrivent pas à assurer une vie digne de ce nom puisque leurs salaires ne leur permettent plus de faire face au coût élevée de la vie, et du coup se retrouvent obligés de tomber dans le piège du surendettement permanent pour tenir les fins de mois ce qui ne manque pas de faire le bonheur et la joie de nos banques et nos riches qui s’en mettent pleins les poches au détriment de la misère de milliers de nos concitoyens bien évidemment, et je n’ai nul besoin de parler des couches sociales les plus démunis dont personne ne se soucie désormais et dont le risque ne se limite pas qu’à la qualité de la vie en baisse, mais va bien au-delà de ça, jusqu’au risque d’instabilité sociale et politique si rien ne se fait pour corriger les tort que subit cette classe sociale oubliée de tous, alors si au milieu de tout ça, on trouve que c’est logique et légitime de se soucier uniquement de ce qui se passe entre les Jambes des Marocains, permettez moi de dire que c’est tout simplement indigne, absurde et aberrant de la part de nos élites.

 

Sachez le messieurs, vos statuts vous imposent un peu plus d’engagement et de maturité vis-à-vis de la société dans laquelle vous évoluez et dans laquelle vos champs d’influences s’étendent de part vos fonctions et occupations, que vous soyez des journalistes, des intellectuels, des prédicateurs religieux, des membres d’associations et d’ONG, des élus politiques, des parlementaires, des ministres, des chefs de partis politiques, vous êtes responsables et redevables envers la société à tout les niveaux, cessez de rêvasser sur des sujets futiles et de faire dévier l’opinion publique sur des débat sans intérêt ni valeur ajoutée, il est tout simplement honteux et indigne de vous de tenir l’ensemble des Marocains en haleine devant de banales histoire de culs au moment ou vous devez en premier lieu vous souciez de leurs véritables maux, alors Messieurs Laghzioui et Nhari, les Marocains n’ont que faire de vos querelles et de cette polarisation stupide d’opinions à laquelle vous jouez, gardez vos petites querelles insignifiantes et futiles pour vous et soyez à la hauteur des responsabilités qui vous incombent de part vos métiers et occupations.

 

De grâce, épargnez nous vos petites histoires puériles et superficielles, nos soucis et préoccupations dépassent de loin ce niveau de débat stérile dans lequel vous tenez absolument à noyer les Marocains……. !!!!!

 

Mehdi BOUABID

06/07/2012

 

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À propos mbouabid
A Borderline Geek, blogging and sharing about Economics, Politics, Miltary and Technology issues... !!!.

2 Responses to La futilité du débat autour de la liberté sexuelle au Maroc

  1. Mohammed Belmaïzi says:

    Non Monsieur, ce n’est pas un débat futile. Il est trop facile de renvoyer la contradiction qui peut faire le sel et le poivre de notre société et l’aider à avancer, si nous nous mettons sur les rails du progrès…et non dans le chemin de la caverne!
    Je crains fort que tu t’égares totalement, Si Mehdi, des causes pour lesquelles l’être humain se bat : La dignité, le bien-être, la justice… Lorsque tu parles de « la misère économique », cher Monsieur, ‘la misère sexuelle » doit, elle aussi, être évoquée. Ce n’est pas un détail de la vie, c’est même toute la vie… Tout un chacun et chacune doit aimer, se marier, avoir où habiter, faire des enfants… et tout ça fait partie intégrante du planning familial (donc un projet de société pas malade) qui gère donc ce chapitre de la vie sociale… Et lorsque tu évoque la question de « La Santé »… et tu passe sous-silence, ici encore, la question sexuelle, tu fait acte de « mauvaise foi ». Car là aussi, il faut intégrer la sexualité comme élément centrale de la vie. Il y a des maladies transmissibles, des maladies vénériennes dans les milieux très nombreux chez nous, de la prostitution… Il y a la maladie du Sida. Mais il y a aussi les maladies psychiques causées par l’inhibition et la psychiatrie peut t’éclairer à ce sujet…

    Cher Monsieur Mehdi, ne choisi pas le chemin le plus facile et le plus démagogique pour traiter les gens d’ « élites intellectuelles », dont tu fais partie. Puisque tu peux écrire et t’exprimer. Je pense, d’une manière générale, que la question sexuelle est centrale, et il ne faut pas l’élider à moindre prix, et renvoyer tout le monde aux orties.. Il y a des sociologues, des psychologues, des hommes de lettres qui n’ont de cesse de parler de de droit: le droit à la sexualité et non à la misère sexuelle. Le droit de jouir de la vie, non seulement économiquement mais sexuellement aussi pour avoir des corps sains dans une société saine. Comme tu le vois cher Monsieur, le débat est si large et touche à des profondeurs que tu as gommées d’un trait de stylo! Dommage!

  2. StrangerInTheNet says:

    Bonjour Si Mehdi
    Ton article reflète exactement mon point de vue sur la question
    Je me permet de reproduire ici une réponse à l’article de la journaleuse en « Ivoire » :

    « Ce genre de fausses polémiques, c’est comme pour les mensonges : même si elles sont mille fois, un million de fois, des milliards de fois répétées, elles n’en obtiendront pas pour autant le consensus de la majorité des marocains. Et cet état de fait, la minorité microscopique qui prend l’initiative de ce genre de débat en est consciente. C’est peut être frustrant de vivre en confrontation avec une majorité qui ne suit pas les caprices ou les fantasmes d’une minorité, ça je le conçois. Mais prendre ses désirs pour es réalités, c’est un peu moins défendable par contre.

    Je pense qu’il y a beaucoup d’exagération…de part et d’autre.

    Je ne suis pas entrain de le défendre bec et ongle, mais je pense que Nhari a cité le Hadith du Prophète ordonnant de tuer la personne qui n’accorde aucun intérêt à la réputation de ses proches (Cette notion de « Dayout » est assez intraduisible) pour illustrer ses propos, et je ne pense pas qu’un « Dayout » ait été tué ou inquiété depuis ledit Hadith. Il l’a cité pour illustrer la gravité de ce genre de nonchalance et de désinterêt vivement condamnable en Islam. Si un Imam se mettait à citer tous les Hadiths qui enumèrent les chatiments corporels, ça ne veut pas dire qu’il fait un appel à la lapidation, à l’amputation ou à quoi que ce soit. Et ce serait exagérer encore plus et de manière ridicule de simples propos publiés sur Youtube comme étant une « Fatwa », une condamnation à mort émanant d’un Ayatollah.

    Ce type de polémique, que je juge stérile vu l’opinion dominante sur la question (c’est comme si on demandait le rétablissement de la royauté en France par ex) et outre les passions et les exagérations qu’il déchaine de part et d’autre, a quand même le mérite de déclencher le dialogue. Un dialogue que j’espère calme.

    De mon propre point de vue, le seul fait que le journaliste se soit fait ridiculiser (ça reste mon point de vue) sur une chaine publique satellitaire suffit en lui même. En général, nous les marocains sommes très jaloux de notre réputation auprès des autres pays, et les propos de ce journaliste peuvent être interprétés comme portant atteinte à l’image du Maroc. Mais ça s’arrete là. Ces propos n’engagent que lui, et ça la présentatrice du journal télé l’a très bien compris. Et je comprend très bien aussi le silence des oulémas sur cette question car ce serait donner plus d’importance que cette polémique a réellement. Mais maintenant que Nhari risque des tracasseries judiciaires, cela ne saurait tarder à mon avis et quelque soit le jugement du tribunal en la matière, cela tranchera la question.

    Moi ce qui me dérange dans cette histoire, outre le caractère opportun ou pas d’une telle réclamation et en dehors de toute considération liée aux libertés individuelles et du droit de disposer librement de sa personne (et de son corps), et comme pour l’affaire des non-jeûneurs d’il y a 3 ans, c’est le timing choisi pour une telle revendication. Nahari a tout simplement mal exprimé son offuscation, cette même offuscation ressentie par des millions de marocains. Mais une chose est sûre c’est que notre Cheikh était dans le collimateur et cette « sebba » est tombée à pic.

    Pourquoi à chaque fois s’étonne-t-on du consensus de la majorité et d’une telle levée de boucliers? Parce qu’on pense naïvement que la société aurait changé d’avis sur la question après près de 14 siècles d’islamité du pays ? Ou parce qu’on pense niaisement qu’il suffit d’un martèlement médiatique pour banaliser la question ?

    J’ai lu quelque part sur le net, pendant l’affaire du mouvement MALI (les non-jeûneurs), qu’il y a une grande différence entre tolérer un fait socialement répréhensible et l’admettre de manière officielle. Je pense que ce même raisonnement s’applique dans le cas d’espèce. »

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