La Crise du monde moderne – René Guénon

‎ »Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribué eux-mêmes ; mais la grande habileté des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » : c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, à l’aide de suggestions appropriées, y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé : nous ne savons plus qui a parlé de « fabriquer l’opinion », et cette expression est tout à fait juste, bien qu’il faille dire, d’ailleurs, que ce ne sont pas toujours les dirigeants apparents qui ont en réalité à leur disposition les moyens nécessaires pour obtenir ce résultat. Cette dernière remarque donne sans doute la raison pour laquelle l’incompétence des politiciens les plus « en vue » semble n’avoir qu’une importance très relative ; mais, comme il ne s’agit pas ici de démonter les rouages de ce qu’on pourrait appeler la « machine à gouverner », nous nous bornerons à signaler que cette incompétence même offre l’avantage d’entretenir l’illusion dont nous venons de parler : c’est seulement dans ces conditions, en effet, que les politiciens en question peuvent apparaître comme l’émanation de la majorité, sur n’importe quel sujet qu’elle soit appelée à donner son avis, est toujours constituée par les incompétents, dont le nombre est incomparablement plus grand que celui des hommes qui sont capables de se prononcer en parfaite connaissance de cause. »

René Guénon (La Crise du monde moderne)

En intégralité ici : http://la-dissidence.org/2011/09/26/la-crise-du-monde-moderne-rene-guenon/

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Le juge anti-mafia Imposimato accuse le groupe Bilderberg de terrorisme – YouTube

Le juge anti-mafia Imposimato accuse le groupe Bilderberg de terrorisme – YouTube.

L’Empire du Mal n’existe pas, c’est des délires d’adeptes des théories de conspiration, des divagations des fans du New Age … écoutez très bien ce grand monsieur, un juge anti-mafia, suivez bien ce qu’il dit des résultats des enquêtes au sujet des attentats terroristes qu’a connue l’Italie dans les années 70, l’enquête remonte jusqu’au groupe Bilderberg, qui existait déjà depuis les années 60, et il n’est devenu célèbre que très récemment, en grande partie grâce que travaux des journalistes indépendants et des activistes  .. les plus éveillés ne seront certainement pas choqués, ceux qui préfèrent vivre dans le déni, continueront de somnoler et de suivre le troupeau …. !!!

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Bankrun sur l’or physique – Egalite et Réconciliation

Bankrun sur l’or physique – Egalite et Réconciliation.

Après les Allemands, ce sont les Suisses qui veulent rapatrier leur Or … serait-ce le début de crash de la confiance Or-Monnaie imposée par le système bancaire et financier … ???!!

La Suisse s’apprêterait à rapatrier son or à son tour

Cette fois ci c’est la Suisse qui est concernée avec le mouvement « The Swiss Gold Initiative » lancé par 4 membres du parlement Suisse en mars 2012, mouvement qui exige le rapatriement de l’or détenu par la banque nationale Suisse (source).

90 000 personnes soutiennent ce mouvement, or dés qu’il atteindra 100 000 personnes, le parlement Suisse devra organiser un référendum.

Ce mouvement affirme que les Suisses devraient avoir le droit de donner leur avis sur 3 points :

- le fait de garder les stocks d’or de la nation en Suisse ;

- de pouvoir empêcher la banque nationale Suisse de vendre tout ou partie des réserves d’or du pays ;

- d’imposer à la banque nationale Suisse de détenir au minimum 20 % des réserves en or physique.

Pour le moment la banque nationale Suisse n’a pas souhaité révéler ou se situent les stocks d’or du pays mais ce mouvement, dès qu’il atteindra les 100 000 personnes, l’y obligera certainement.

Nous parlons ici de 1040 tonnes d’or physique…

Les États n’ont visiblement plus confiance dans les banques centrales (New York Fed et Banque centrale d’Angleterre), censées détenir l’or physique pour le compte de nombreux États.

On comprend pourquoi quand on s’aperçoit que l’Allemagne mettra 7 ans à récupérer de la FED de New York, de la Banque centrale d’Angleterre et la Banque de France, ce qui ne représente qu’une petite partie de la totalité de son stock d’or.

Comment est il possible que 7 ans soient nécessaire pour expédier le stock d’or de l’Allemagne ?

L’or n’y est peut être tout simplement plus, comme l’affirme le GATA, prêté aux banques d’affaires et vendu sur les marchés pour maintenir les cours sous pression et sauvegarder encore un temps la confiance dans le système monétaire d’argent « papier » non convertible.

Si l’or n’y est plus (tout ou partie) d’où viendra t-il ? Peut-être qu’un début de réponse se trouve dans l’intervention commune de la France et des USA au Mali, le pays d’Afrique le plus riche en or ? Timing troublant au demeurant…

Fabrice Drouin Ristori

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Quelles Solutions pour la Crise économique et Financières …???!! Le succès de l’Islande … !!!

Le succès de l’Islande – Entrevue avec le Président – YouTube.

La solution de la crise économique et financière actuelle est parfaitement simple :  » Contrôle de devise, Laisser les Banques faire banqueroute, Apporter le support aux plus pauvres, Refuser d’imposer les mesures d’Austérité opprimantes au peuple », c’est ce qui a été appliqué en Islande qui était au bord de la faillite au tout début de la crise et 4 ans après, son économie est en bonne santé avec un taux de croissance que l’Europe est incapable d’atteindre actuellement …. et je rappelle qu’au tout début de la Crise, l’Islande était l’un des premiers pays a refuser de payer ses dettes à la Grande Bretagne et la Hollande.

Ceux d’entre vous qui se posent la question légitime : « Pourquoi ces mesures ne sont-elles pas appliquées dans nos pays au bord de la faillite ???!! « , je leur réponds, c’est parce que vos politiciens sont tous des traîtres, des vendus qui travaillent à la solde de l’Oligarchie Financière Mondialiste et qui protègent ses intérêts dont une bonne partie réside dans les Banques qui sont elles mêmes à l’origine de cette crise avec leurs manigances et leurs agissement financiers dignes des Mafias, et au lieu de vous sauver, ces politiciens préfèrent mettre en marche les planches à billets, en dévaluant votre monnaie, vous imposer plus de taxes et de mesures d’austérité, supprimer toutes les formes de subventions aux services publics et vous appauvrir encore plus et vous faire vivre dans la misère pour sauver ces banquiers et sauver les intérêts des plus riches, des élites criminelles ….!!!!!

Pour ceux qui par contre n’ont encore rien compris à cette crise, je vous invite à chercher sur le net, les bénéfices enregistrées par les banques d’affaires et les banques d’investissement en 2012, vous allez vite comprendre qu’il ne s’agit plus d’une crise pour les banquiers criminels, parce que de leur côté, l’argent coule à flots et c’est le votre, la Crise n’est qu’une énorme opération de transfert de richesse, des plus pauvres aux plus riches ….. !!!!

Mehdi BOUABID

30/01/2013

Préserver ses Valeurs Morales et résister à la Fourberie du Système

Dans son processus de manipulation continu, visant à prendre le contrôle du destin de l’humanité toute entière, tantôt par les crises économiques et financières complètement fomentées et orchestrées, tantôt par les conflits militaires, L’Oligarchie Financière Mondialiste a besoin de détruire toute forme de valeur ou de morale humaine basée sur la bonté, la noblesse d’âme ou la compassion envers les autres, et ce quelque soit le contexte dans lequel ces valeurs interviennent ou apparaissent, car elles représentent un obstacle permanent face à toute tentative d’assimilation ou remodelage que le système sournois impose à l’être humain, ainsi, la Cupidité, la Méchanceté , l’Indifférence vis à vis du mal, l’Égoïsme et l’Égocentrisme exacerbés, sont toutes des notions que ce système cherchera par tout les moyens possibles à vous inculquer ou à vous vous encourager à adopter, développer et maintenir dans toutes vos interactions avec la société, que ce soit dans la Famille, dans la Rue, à l’Ecole, dans le Travail ou le Cadre Professionnel en général, et particulièrement dans ce dernier, il est communément admis que le fait de montrer qu’on est capable de la pire des ignominies vis à vis de ses collègues (répressions, délation, harcèlement morale …) est un signe de compétence et de savoir faire hautement qualifié et cautionné et récompensé par les Managers, et la plupart d’entre nous remarquerons que le plus ils sont capables de préserver leurs valeurs morales et humaines face à cette déferlante du mal qui jaillit de partout, le plus ils auront du mal à évoluer, coexister ou même survivre au milieu de la société, ainsi la principale vocation du système est de faire de vous des prédateurs capables des pires atrocités contre vos semblables à la première occasion qui se présente et avec l’ultime conviction que c’est un comportement purement naturel et irréprochable même, et à titre d’exemple, il n’y a qu’a voir toute la fausse aura positive qui a longtemps entourée les cadres de la finance spéculative de Wall Street comme les Traders et les cadres des banques d’investissement, une image complètement fausse qui a fait d’eux un modèle de réussite professionnelle ouvertement encouragé et promu comme un modèle exemplaire à suivre celui du Golden Boy, alors qu’au lendemain de la crise Financière Mondiale de septembre 2008, il s’est avéré que ce modèle n’est qu’une des pires formes de cupidité et de voracité que l’humanité a jamais connu depuis des siècles, puisqu’il s’est avéré que ces Golden Boys ont été les instigateurs d’une énorme opération de transfert de richesses des mains des pauvres pour les remettre aux plus riches à travers des spéculations financières criminelles et ce sous la protection et l’œil bienveillant de l’Oligarchie Financière, en d’autre termes, soit vous acceptez la soumission sous ses pires formes, soit vous choisissez de vous marginalisez et encore, on ne vous laissera jamais faire, puisque les mécanismes de l’assimilation forcée, continueront à vous marteler systématiquement jusqu’à ce que vous cédez complètement …… !!!!

Celui qui est incapable de faire plier son ego aussi infime ou démesuré qu’il soit, sera toujours une victime facile face à ces tentatives de soumissions du système, en effet sa propre destruction réside en lui et tout les mécanismes de défense naturelles qui font que l’être humain soit capable des plus belles formes de noblesse d’âme, de bonté et de compassion envers ses semblables, se retrouvent anéanties par ce besoin morbide de satisfaire un Ego qui est à la base conçu de manière à ne pas reconnaître de limites pour réaliser ses désirs et atteindre ses objectifs même les plus ignobles et les plus vils, dans un monde ou la pensée libertaire rejoint le mode de gestion économique et politique libéral qui prône la cupidité et la spéculation comme valeurs absolues, il est tout à fait normal d’accepter que l’être humain soit capable de toutes les formes de méchanceté et de cruauté possibles et imaginables, puisque la fin justifie systématiquement les moyens.

Alors ne vous posez plus de question sur l’origine de toutes ces formes du mal qui nous entourent et qui gagnent du terrain chaque jour, c’est avant tout, une histoire de soumission qui commence au plus profond de nos âmes, notre monde actuel, tel qu’il est conçu et vécu fait en sorte que la majorité d’entre nous soient prêts à céder ne serait-ce qu’une infime partie de leur être sans la moindre réflexion ou regret, et les mécanismes économiques et financiers (Pauvreté, crise, précarité économique, chômage …) ne sont que la face apparente de l’Iceberg, en réalité toute forme de Mal absolue capable d’apparaître et de s’épanouir (Crimes, Meurtres, Vols, Guerres, Délation, Exploitation, Cupidité, Sauvagerie, Barbarie, Atrocités …) dans une société quelconque est principalement dû à la faible résistance psychologique de l’être humain face aux processus de manipulation et de déception qu’il subit au quotidien (Médias, Journaux, Télévision, Cinéma, Politique …).

Ainsi les valeurs morales peuvent devenir des sources de faiblesse psychologique et causer un mal-être profond et constant chez l’âme humaine, les plus faibles parmi nous auront beaucoup de difficultés à contenir l’effet néfaste que ça peut engendrer dans leurs vies et choisiront de capituler facilement et réduire à néant toute volonté de combat, surtout en face de la perspective alléchante que représente la récompense en contrepartie, à savoir l’atteinte d’un objectif futile ou dérisoire dans un monde pourri (Réussite professionnelle, Statut social, Richesse pécuniaire …), et il faut se rendre à l’évidence, au bout du compte, ces malheureux cèdent ce qu’ils ont de plus noble et de plus humain pour une seule et unique raison, avoir les moyens de consommer encore plus que les autres, acquérir plus de biens puérils dont ils n’ont pas vraiment besoin pour s’assimiler et se faire accepter par un système fourbe, hypocrite et maléfique qui va les intégrer par la force dans une matrice de manipulation à l’échelle sociale pour continuer le processus de perfidie et obliger leurs semblables à se soumettre et abdiquer à leur tour aussi …. !!!

L’unique voie de résistance face à cette nébuleuse du Mal Absolue, se résume à la quête continue de La Vérité dans toutes ses formes, l’être humain est appelé à maintenir l’Eveil de sa Conscience pour parer aux mécanismes d’absorption basée sur la duperie et la tromperie du système, ceux qui ont résisté dans le passé et continuent de le faire, savent très bien que le prix à payer peut s’avérer considérable mais quand on porte un regard critique sur tout ce qui nous entoure, on se rend compte que ça vaut vraiment la peine d’essayer, ne serait-ce que pour préserver son unicité, son individualisme et surtout son libre arbitre … !!!

Mehdi BOUABID

28/01/2013

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Olivier Delamarche 22 Janvier 2013

Du Japon à l’Europe aux Etats-Unis La planche à billet continue de fonctionner à plein régime et l’humanité se fait soumettre à coups de billets de Monopoly numérotés ….. !!!

Mali, Afghanistan, les leçons oubliées

Mali, Afghanistan, les leçons oubliées.

Mali, Afghanistan, les leçons oubliées

Dans cet article publié initialement sur Nouvelles d’Orient et que nous republions ici avec son aimable accord, Alain Gresh* critique le consensus politique, en France, sur la légitimité de l’intervention militaire au Mali. « Il est ironique de noter que (celle-ci) a commencé au moment où (les troupes françaises) se retirent d’Afghanistan », écrit-il, avant de s’étendre sur l’échec qu’a été, selon lui, l’intervention de l’OTAN dans ce pays. Elle n’a, souligne-t-il, ni garanti la sécurité des Afghans ni démocratisé le régime politique, qui recourt à la fraude électorale pour se maintenir, ni même fait de la scolarisation des filles un inaliénable acquis.

Une nouvelle fois, un consensus politique se dessine autour de l’intervention militaire française au Mali. Le Parti socialiste comme l’UMP et le Front national soutiennent l’initiative du chef de l’Etat. Seules quelques voix discordantes se font entendre, au Parti communiste (« L’intervention militaire française comporte de grands risques de guerre », PCF, 12 janvier) ou au Parti de gauche. L’ancien premier ministre Dominique de Villepin, dans une tribune au Journal du dimanche (« Villepin : “Non, la guerre ce n’est pas la France” », 13 janvier), s’inquiète également :

« Ne cédons pas au réflexe de la guerre pour la guerre. L’unanimisme des va-t-en guerre, la précipitation apparente, le déjà-vu des arguments de la “guerre contre le terrorisme” m’inquiètent. Ce n’est pas la France. Tirons les leçons de la décennie des guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye.

Jamais ces guerres n’ont bâti un Etat solide et démocratique. Au contraire, elles favorisent les séparatismes, les Etats faillis, la loi d’airain des milices armées.

Jamais ces guerres n’ont permis de venir à bout de terroristes essaimant dans la région. Au contraire, elles légitiment les plus radicaux. »

Il est ironique de noter que cette intervention a commencé au moment où la France se retire d’Afghanistan (Lire « Fin de mission en Afghanistan », Défense en ligne, 19 décembre 2012) et où le président Hamid Karzaï se trouvait à Washington pour discuter du retrait total (ou presque) des forces américaines. Est-ce sur un succès que ces troupes se retirent d’Afghanistan ? « Mission accomplie » ?

Rien n’est moins sûr.

Le pouvoir qui s’est installé à Kaboul, dans les fourgons des armées étrangères, est dirigé par Karzaï, dont il faut rappeler qu’il n’a gagné l’élection présidentielle de septembre 2009 que grâce à des fraudes massives ; sa légitimité ne dépasse pas celle de son clan, de ses affidés, profondément corrompus. Ce sont des dizaines de milliards de dollars d’aide internationale qui ont disparu dans les poches sans fond des responsables politiques. Sans parler du fait qu’une part importante de cette aide « retourne » aux pays donateurs, comme le remarque Oxfam-France :

« L’aide internationale à l’Afghanistan est relativement significative en volume, mais elle reste largement inefficace : presque 40 % des montants versés depuis 2001 sont retournés aux pays donateurs sous la forme de profits ou de rémunérations. De plus une large part de l’aide ne parvient pas aux Afghans les plus pauvres. »

Et, du point de vue social, la situation reste terrible, marquée par une guerre qui n’en finit pas. Toujours selon Oxfam :

« Si quelques progrès ont été enregistrés en matière de santé et d’éducation dans les années qui ont suivi la chute des talibans, les défis à relever dans ces secteurs restent écrasants : actuellement un enfant sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans, une femme sur huit meurt de complications liées à la grossesse ; deux millions d’enfants, dont deux tiers sont des filles, ne sont pas scolarisés. On estime actuellement que près de la moitié de la population afghane vit toujours en dessous du seuil de pauvreté, tandis que plus de la moitié des enfants souffre de malnutrition chronique. »

La guerre améliore-t-elle le sort des populations ?

Qui peut croire que la guerre amène une amélioration de la situation des populations ?

Le plus paradoxal est que le seul progrès représenté par la scolarisation plus importante des filles reste menacé : les seules chances de l’administration actuelle afghane de ne pas être éliminée après le départ des troupes de l’OTAN est de négocier avec les talibans. Et, comme le remarquent les responsables d’Oxfam, ce sont les femmes qui risquent d’être les victimes de cette réconciliation. Quoiqu’il en soit, il est faux de croire que la libération des femmes peut être imposée par les baïonnettes des armées étrangères (lire Christine Delphy, « Une guerre pour les femmes ? », Le Monde diplomatique, mars 2002). Le colonialisme aussi prétendait « libérer » les femmes musulmanes.

Mais les interventions en Afghanistan (puis en Irak) ont eu bien d’autres conséquences régionales et internationales dont on paie encore le prix. La guerre s’est étendue au Pakistan, où les talibans locaux se sont renforcés au détriment d’un pouvoir central affaibli. Et l’utilisation massive des drones par l’administration Obama pour éliminer des « terroristes » — avec de nombreuses victimes « collatérales » —, alimente les haines anti-occidentales.

Ces expéditions militaires menées au nom d’une guerre sans fin contre le terrorisme ont eu pour effet paradoxal de renforcer ces organisations que l’Occident affirmait vouloir détruire. Il s’est créé, en réponse aux interventions multiples, « une autoroute de l’internationale insurgée », du Pakistan au Sahel, en passant par l’Irak, la Somalie : par elle circulent les combattants, les idées, les techniques de combats, les armes de tous ceux qui veulent lutter contre « les nouveaux croisés ». Des combattants irakiens se sont formés en Afghanistan, tandis que des Maghrébins ont pu acquérir en Irak une compétence militaire incontestable. La guerre contre le terrorisme a facilité l’unification de groupes très divers sous le drapeau d’Al-Qaida. Et, sans doute, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) n’aurait jamais pris cette dimension sans l’intervention en Afghanistan. Et aussi, rappelons-le, sans la guerre en Libye qui a « libéré » des arsenaux militaires considérables et de nombreux combattants enrôlés (et contrôlés) par Kadhafi. Peut-on s’étonner que de nombreux musulmans voient dans ces interventions une croisade contre l’islam ? Toutes, depuis 2001, ont eu lieu dans des pays musulmans — Afghanistan, Irak, Somalie, Liban, Mali, sans oublier les guerres menées à Gaza. Et au moment où l’islamophobie fait des ravages dans les sociétés occidentales.

L’échec des « guerres préventives contre le terrorisme »

Combien de fois nous a-t-on expliqué qu’il n’y avait pas le choix, que « nous » défendions en Afghanistan la sécurité de l’Occident : si « nous » étions battus là-bas, les combats se déplaceraient demain dans nos banlieues. Et pourtant « nous » allons partir d’Afghanistan comme si de rien n’était, sans avoir stabilisé la situation, sans même parler de démocratie. Et personne ne prétend que les conséquences en Europe seront catastrophiques. On peut remarquer, au contraire, que chacune de ces expéditions coloniales aboutit à plus d’insécurité, plus de contrôles, plus de surveillance et, par là même, à une atteinte aux libertés fondamentales.

Pourtant, c’est le même argument qui est repris pour le Mali : éviter que s’installe à nos frontières un foyer terroriste, un Sahelistan (lire, dans Le Monde diplomatique de janvier,le reportage de Philippe Leymarie). Et la première décision du gouvernement français au lendemain de l’engagement au Mali est de renforcer le plan Vigipirate ! N’est-ce pas parce que nos gouvernants savent que ce type d’intervention alimente le terrorisme, qu’elle ne l’affaiblit pas ?

Douze ans après, l’intervention occidentale en Afghanistan est un fiasco. Celle en Irak a abouti à la déstabilisation durable du pays (et à une implantation de groupes liés à Al-Qaida qui n’y étaient pas présents avant 2003). D’ici douze ans, quel bilan dressera-t-on de l’engagement de la France au Mali ?

(*) Journaliste et écrivain, Alain Gresh a publié plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient dont nous citerons De quoi la Palestine est-elle le nom ? (Editions Les Liens qui libèrent, 2010), Israël, Palestine : Vérités sur un conflit (Editions Fayard, 2001) et Les 100 portes du Proche-Orient (avec Dominique Vidal, Éditions de l’Atelier, 1996).

Les intertitres sont de la rédaction de Maghreb Emergent.

Mali, Afghanistan, les leçons oubliées

La France au Mali, un autre épisode de l’échec de la guerre contre le terrorisme

Le contexte :

C’était prévu depuis très longtemps comme le diraient certains ou même inévitable comme le penseraient d’autres, La France qui intervient dans la région du Sahel, avec comme objectif principal, d’éradiquer toute présence des groupes terroristes (AQMI, GSPC …) Islamistes dans cette région pourtant instable depuis des très longtemps, et presque absente des agendas politiques et stratégiques des pays occidentaux, était-ce vraiment si inéluctable, La France n’avait-elle plus d’autres alternatives que de déclencher un conflit militaire de grande envergure, dans un cette région très fragile sur les plans économiques, politiques, ethniques, et même géographiques, le cours des évènements à venir dans les semaines prochaines, finira par nous apporter une réponse à cette question.

Cependant, à la lumière de ce conflit, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là d’un autre épisode des échecs qu’a connus la guerre contre le terrorisme qui dure depuis plus de 10 ans. Une simple lecture du contexte géostratégique et politique de cette région peut nous démontrer cette réalité fatidique surtout si on prend en considération, les faits de guerre précédents qui s’associe à cette guerre contre le terrorisme qui devient un véritable fardeau.

Personne ne peut nier le fait que ces groupes terroristes ont bien profités de l’état d’instabilité politique et d’absence de force militaire pouvant régir et contrôler cette région, ce qui est tout à fait normal, les nébuleuses et les filières terroristes ne choisissent pas pour rien des petits pays disloqués politiquement pour s’implanter Ex:(Mali, Somalie, Afghanistan …) cela répond à un besoin stratégique vital pour eux, du moment qu’ils savent très bien qu’ils n’auront pas à craindre des tentatives de délogement menées par les armées de ces pays qui sont souvent soit trop faibles ou très mal équipées pour mener ces opérations. Le choix de ces régions avec des frontières non délimitées ou complètement poreuses qui sortent du contrôle des états frontaliers leurs permet d’assurer un flux de soutien logistique en hommes, armement et moyens de transport assez important en profitant des filières de contrebande ou de crime organisé, ces filières leurs assurent un flux de soutien logistique assez important et qui sort complètement du contrôle légal, plus loin encore, il ne se limite pas seulement au Nord du Mali, mais s’étend jusqu’au nord de l’Algérie ou il est quasi sûr que des cellules dormantes appartenant à l’AQMI et son ancêtre le GSPC sont toujours actives, un autre aspect très important qu’il faut prendre en considération, c’est que les mouvements et les opérations de contrebande ne se limitent pas aux armes, mais aussi à la contrebande de drogues dont l’itinéraire commence en Colombie puis aux pays d’Afrique de l’ouest et le passage préféré par la région du Sahel ou les membres de ces groupes ont établi des zones de stockage permanent des chargements de drogue qui continuent leurs voyages jusqu’au nord du Maroc et de l’Algérie en direction de l’Europe (Espagne, France, Pays-Bas), ce qui permet aussi d’assurer un soutien financier assez considérable à ces groupes.

La nature géographique de la région participe à elle aussi dans la création de ce climat favorable à l’action terroriste, ainsi ces groupes établissent des camps d’entraînement et de formation militaire avec une infrastructure assez légère et facile à démanteler et déplacer d’une région à l’autre afin d’éviter toute tentative de localisation ou d’attaque, et on peut ajouter à tout ça le nouveau circuit de contrebande d’armes qui s’est établi entre la Libye et la région du Sahel, en effet depuis la chute du régime de Kadhafi, et suite à la guerre civile dans ce pays, des milliers de tonnes d’armement de tous types confondus se sont retrouvés disséminés dans le marché noir qui s’étend du Sahel jusqu’en Éthiopie et en Egypte en direction de la bande de Gaza, et ce avec une disponibilité assurée, à tel point que le prix du fameux fusil d’assaut Kalachnikov ou AK-47  ne dépasse plus  20 Dollars/pièce avec ses munitions, ce qui a permis à ces terroristes d’assurer un véritable arsenal militaire leur permettant de faire face aux armées qui tentent de les éradiquer.

Les Facteurs d’Echec :

Dans le contexte global de la guerre contre le terrorisme que l’occident mène depuis le 11 septembre, il est clair et évident que nous somme en face d’une reprise de ce conflit d’ordre mondial dans cette région, et suivant cette logique les patrons de l’Armée Française ne semblent pas réaliser l’envergure du piège dans lequel ils se font prendre au Mali, c’est comme s’ils n’avaient pas tirés de leçons de la guerre en Irak ou en Afghanistan et le même scénario d’échec risque fortement de se répéter une fois de plus dans la région du Sahel.

La guerre contre le terrorisme malgré ses débuts fulgurants et rapides lors des invasions d’Irak et d’Afghanistan, ne ressemble en rien aux guerres conventionnelles telles qu’on nous les connaissons, au-delà d’une victoire rapide au début du conflit contre les armées des pays accusés de soutenir les mouvements et les actions terroristes, aucun exploit digne de ce nom ne peut être assurée à travers les bombardement aériens ou les attaques ciblés avec les drones -qui ne font qu’envenimer la situation puisqu’elles causent presque toujours des dommages collatéraux parmi les populations civiles (Afghanistan, Yémen, Pakistan)-. La maîtrise du terrain sur lequel se déroule le conflit est le seul moyen d’assurer la victoire définitive permettant de déloger de manière efficace des groupes terroristes très mobiles et menant une guerre non conventionnelle, chose qui est presque impossible à réaliser, vu la nature du théâtre d’opérations -Un désert vaste s’étendant entre plusieurs pays-  et même au cas ou ils arrivent à établir des nœuds de force militaire à travers des bases avancées de combat, disséminées dans la région, il leur sera encore plus difficiles d’assurer le soutien logistique de ces bases en armes, vivres, munitions et hommes, vu que les lignes de ravitaillement seront constamment attaquées par les terroristes surtout dans une région géographique complètement à découvert, et les américains en ont fait l’expérience en Afghanistan ou ils ont adoptés cette même stratégie qui s’est avérée être un pure échec militaire, d’un côté leurs lignes de ravitaillement subissaient sur chaque déplacement des attaques violentes avec les fameux IED ou Engins Explosifs Improvisés (Responsables de plus des deux tiers des pertes humaines), et d’un autre côté leurs bases de combat et de support avancé, étaient constamment sous le feu ennemi et ils ne pouvaient même pas assurer plus de 500 M² à un 1 Km² de patrouille dans les régions environnantes, au-delà de cette limite, ils étaient sûrs qu’il allaient essuyer des pertes humaines.

Quand au bombardement aérien, il peut certes réaliser un semblant de victoire dans le sens ou il permet de gêner l’ennemi dans ses déplacements et de l’empêcher de s’installer dans certaines régions, le forçant à se déplacer et avec ses camps de manière continue pour éviter le repérage et le bombardement des avions, mais il ne faut pas oublier que les groupes terroristes n’amassent jamais leurs forces de manière évidente, bien au contraire, ils se déplacent en petites unités de 20 à 40 combattants, ce qui rend la mission de localisation et de ciblage encore plus difficile, pire encore, les bombardement constant va les contraindre à changer de stratégie et ils préféreront diviser encore plus leurs forces, ce qui leur permettra d’élargir leur terrain d’action, avec des cibles potentielles plus importantes sur le plan économique, chose que la France veut à tout prix éviter, afin de préserver ses intérêts dans la région (installations pétrolières, de gaz naturel et mines), -qui sont en réalité leurs premières préoccupation derrière cette aventure incertaine- alors que dans le camp adverse, pour une armée conventionnelle, toute opération militaire nécessite des préparatifs assez importants et toute une logistique très coûteuses en argent, hommes et matériel.

Et si le conflit s’étale dans le temps et il est sûr que ça va être le cas au vu des facteurs cités plus haut, il risque certainement de prendre une envergure encore plus dangereuse, dans le sens ou il va  s’étendre à l’Europe et particulièrement à La France ou les groupes terroristes vont activer leurs cellules dormantes et se mettre à attaquer des cibles sur le territoire Français avec des attentats terroristes (Gares, Aéroports, Stations de métro …), ce qui rappellera certainement aux Français les très mauvais souvenirs des attaques menées par le groupe terroriste Algérien (Le GIA) durant les années 90. À mon humble avis, il s’agit là d’un facteur décisif dans les tournants que cette guerre risque de prendre, vu que les politiciens perdront toute forme de soutien de la part du peuple Français si ce conflit s’étend jusqu’à leurs villes, et la présence de ces cellules dormantes et une réalité quasi certaine, que les services de sécurité Français connaissent très bien et ne peuvent en aucun cas nier.

Du point de vue économique, cette guerre qui risque de durer longtemps, va certainement coûter excessivement cher pour le gouvernement Français qui doit faire face à une récession économique assez rude, surtout que la nature du conflit fait appel à une logistique assez conséquente et coûteuse (Bombardement, mouvement d’unités de combat, établissement de bases logistiques) et le contribuable Français n’est pas prêt de supporter ces coûts (malgré les mensonges des organismes  de sondages qui prétendent le contraire) sachant très bien que l’un principaux objectifs de ce conflit, c’est d’assurer la région et la stabiliser afin de permettre à des sociétés comme AREVA de mieux exploiter les ressources naturelles d’un pays aussi sous développé que le Mali, sans parler du risque que cela représente pour le flux d’exportation du pétrole et du gaz naturel à partir de l’Algérie, un facteur qui vient de se confirmer à travers la prise d’otage de cette semaine dans le site gazier d’Ain Amenas dans le Sahara Algérien, s’ajoutant à cela, le risque non négligeable que le conflit puisse s’étendre encore plus au nord vers les centres urbains Algériens une recrudescence potentielle des attentats terroristes menés par l’AQMI ou le GSPC.

Tous ces facteurs d’aggravation que j’ai cité plus haut, rappellent une réalité très évidente , c’est l’échec cuisant des stratégies militaires adoptées dans la guerre contre le terrorisme, telle qu’elle est menée par l’occident, les méthodes de guerre conventionnelle ne permettent en aucun cas de faire face à un ennemi volatile, très motivé, avec une doctrine fanatique et une volonté de nuire à tous les niveaux possibles ou imaginables, sans oublier le fiasco de la guerre civile que la France a déclenchée en Libye, qui a causée en premier lieu, l’élargissement de la zone de conflit du Sahel jusqu’en Libye en mettant ainsi à la disponibilité des groupes terroristes tout l’arsenal d’armement  Libyen qui s’est éparpillé dans la région.

18/01/2013

Mehdi BOUABID

 

Carte de La région du Sahel

Carte de La région du Sahel