Espagne : au cœur de la crise – SECOURS CATHOLIQUE – Caritas France

Et en même temps, l’Espagne est obligée de s’endetter à coups de centaines de milliards d’Euros pour payer ses dettes colossales aux banques privées qui la dépouillent, le capitalisme est entrain de voler et spolier les pays de leurs richesse à coups de plans d’austérité, coupes budgétaires, récession économique, et le tout passe dans les poches de l’Oligarchie Financière et Bancaire … pour les pays du Tiers monde eux, pour sortir de la crise qui peut prendre des proportions catastrophiques, c’est le passage obligé par l’endettement massif à travers le FMI (Organisation Criminelle au Service de l’Oligarchie Financière), avec lequel on leur impose des plans d’ajustement structurel (Coupes Budgétaires, suppression d’investissement publiques, suppression de toute forme de subvention à caractère social) …. avec tout ça, il est très difficile de ne pas comprendre qu’il s’agit bien là d’une vaste complot visant à réduire toute l’humanité à l’esclavage le plus total au service du Capital et de toutes les classes qui détiennent le véritable pouvoir, celui de l’Argent Dette …..!!!!

Mehdi BOUABID

11/03/2013

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En Andalousie, province la plus sinistrée de la péninsule Ibérique, le chômage plonge dans le désarroi une partie de la population. Deux couples, rencontrés à Xérès de la Frontera, en témoignent.

© Markel Redondo/Secours Catholique Agustin et Rosario, habitant la cité ouvrière de Xérès en Espagne, n'ont plus d'électricité depuis dix mois. -  JPEG - 31.8 ko
© Markel Redondo/Secours Catholique
Agustin et Rosario, habitant la cité ouvrière de Xérès en Espagne, n’ont plus d’électricité depuis dix mois.

Mariés depuis trente-sept ans, Agustin et Rosario ont respectivement 58 et 55 ans. Ils vivent au cœur d’une cité ouvrière de Xérès, en Andalousie, dans un petit appartement qu’ils ont hérité de leur grand-mère. Depuis dix mois, ils n’ont plus d’électricité.

Agustin avait toujours travaillé dans le bâtiment. Rosario avait toujours fait des ménages. En 2008, ils perdent leur emploi. Ils touchent 400 euros de chômage mais comme la crise s’éternise, ils entreprennent d’aller travailler en Allemagne en 2010, accompagnés de l’une de leur fille. Après un an et demi de petits boulots mal payés, tous les trois retournent à Xérès.

« Vivre sans électricité, on ne s’imagine pas ce que c’est tant qu’on n’y est pas confronté. » Rosario fait face aux deux fenêtres de la pièce à vivre où elle est assise aux côtés d’Agustin. Le lampadaire de la rue éclaire leurs visages et une crèche de Noël dans un coin de la pièce. Agustin explique qu’à leur retour d’Allemagne, ils n’étaient plus éligibles au chômage. Depuis un an et demi, ils n’ont plus aucune ressource. Leurs quatre enfants, âgés de 25 à 36 ans, sont également sans emploi et ont aussi des enfants.

« La crise a rendu la population très vulnérable »

La Caritas de Xérès a tendu la main à Rosario et Agustin. « Contrairement à notre philosophie qui est d’accompagner dans la longueur, nous avons dû revenir à la distribution. La crise a rendu la population très vulnérable », explique Francisco Domouso directeur de la Caritas diocésaine, « toutes les familles sont touchées, même la mienne. Mes fils qui sont ingénieurs n’ont pas de travail. »

En quatre ans, le chômage a atteint 36 % de la population, 56 % chez les jeunes. Les travailleurs et investisseurs étrangers sont repartis chez eux. Nombre de salaires ont été réduits et certains ne sont plus payés. « Alors nous donnons de la nourriture et des bons d’achats à ceux que nous aidons. »

Avec un milliard de dettes, la ville de Xérès de la Frontera ne peut guère aider ses habitants. À la cantine de Caritas, dans un autre endroit de la ville, les sans-abri ne sont pas les seuls à venir manger. Ce service tenu par des sœurs et une trentaine de bénévoles distribue chaque jour 600 repas, week-end compris : 100 repas pris sur place et 500 emportés.

L’aide alimentaire de Caritas trouve sa place dans le réfrigérateur qui, porte entrebâillée, sert aujourd’hui de placard dans la cuisine d’Agustin et de Rosario. Les autres placards sont aux trois-quarts vides.

Son temps libre, Agustin le passe à améliorer l’appartement. Il a refait le carrelage de la salle de bains où ne coule qu’une eau froide. Et il a remplacé le parquet du salon avec des matériaux donnés par une de leurs amies expulsée faute de pouvoir rembourser son emprunt. Rosario, quant à elle, placarde un peu partout dans la ville de petites annonces proposant ses services ménagers pour 3 euros l’heure. Sans grand succès.

À vendre

Il n’y a pas de chauffage dans l’appartement. Il fait 4 degrés dehors, ce soir de janvier. À la tombée du jour, Rosario passe une chemise de nuit et un pull, puis enfile une robe de chambre rose et de bonnes chaussettes. Elle montre la télévision et la chaîne hifi devenus un décor qu’on oublie de regarder. « Mais elle les époussette tous les matins », dit Agustin en prenant les mains de sa femme et, s’adressant à elle, il conclut : «  Ici, c’est peut-être pauvre, mais c’est certainement propre. »

Dans un nouveau quartier résidentiel de Xérès où les panneaux “À vendre” se multiplient aux fenêtres, l’église Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle a été inaugurée à Noël. Francisco Domouso, sa femme, sa belle-sœur et quelques bénévoles y font une autre distribution alimentaire.

Parmi ceux qu’ils accueillent, Veronica et Ismaël. Ils ont 23 et 25 ans et deux petites filles de 4 et 2 ans. Ils habitent, dans un autre quartier de Xérès, une étroite maison aux murs humides dont le loyer engloutit les trois quarts des indemnités de chômage d’Ismaël. Cela fait un an et demi qu’il ne travaille plus. Depuis l’âge de 12 ans, il était manœuvre dans l’entreprise de maçonnerie de son oncle. « L’argent alors coulait à flot », dit-il avec un éclat de rire.

Trois générations sous le même toit

Veronica et Ismaël ont la jovialité de la jeunesse. Ils rient volontiers, embrassent chaleureusement les gens qu’ils rencontrent et ne se plaignent pas de passer tout leur temps avec leurs filles. Ils aimeraient bien sortir en ville, mais Veronica craint les tentations. « C’est difficile de devoir dire non à des enfants qui demandent à manger », dit-elle. « Du coup, nous passons nos journées devant la télévision à préparer et à envoyer des CV. »

« Mes parents nous ont aidés autant qu’ils ont pu », poursuit Veronica, « mais eux aussi ont des problèmes à présent. Ma mère est au chômage et elle est partie vivre chez sa mère, ma grand-mère. Depuis que les étrangers qui s’occupaient des personnes âgées sont partis, les enfants reviennent vivre auprès de leurs parents. »

Francisco Domouso confirme que parfois trois générations se retrouvent sous le même toit pour partager leurs maigres moyens. Outre l’aide alimentaire qu’elle apporte, la Caritas de Xérès paye une partie des factures du jeune couple et le suit de près ainsi que ses enfants. Elle a incité Ismaël, pour augmenter ses chances de retrouver un emploi, à suivre une formation de soudeur. Le couple rêve de partir à l’étranger, « n’importe où, pourvu qu’on puisse travailler ».

Jacques Duffaut (envoyé spécial en Espagne) 

Source : http://www.secours-catholique.org/actualite/espagne-au-coeur-de-la-crise,11624.html

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