Egypte: un coup d’Etat militaro-islamiste | Chroniques Plurielles

Par Nabil Zaki, rédacteur en chef et chroniqueur, porte-parole du parti du Rassemblement (opposition des progressistes et nassériens de gauche).

Deux ans après la révolution égyptienne du 25 janvier 2011, se pose une question : où va l’Egypte ?

Le pouvoir des Frères musulmans, tel qu’il s’exerce à la tête de l’Etat, est en train de vider la révolution du 25 janvier 2011 de son sens. Ses slogans, il les déforme et les transforme en crimes contre la patrie. L’ancien régime, il est en train de le recréer jusque dans le moindre détail, avec les mêmes iniquités d’ordre économique et social, sans parler de l’instrumentalisation de la religion, et de la guerre déclarée contre toutes les forces politiques favorables à un Etat laïc démocratique moderne.

Rappelons les mesures prises par les forces au pouvoir, hostiles à la révolution, durant ces derniers mois :

  • L’accélération de la tenue d’un référendum sur les amendements à la Constitution égyptienne, amendements visant à remettre les principes de la loi coranique au centre du texte ;
  • La promulgation d’une déclaration constitutionnelle qui concentre aux mains du Président de la république l’essentiel des pouvoirs exécutif et législatif ;
  • La mise en œuvre accélérée de lois qui criminalisent les grèves et les occupations des places publiques ;
  • La répression violente des révolutionnaires par le régime, stigmatisés par le terme péjoratif de « beltageyas » (hooligans)
  • Impunité de l’ancienne équipe de Hosni Moubarak, qui a pu faire sortir du pays les fonds publics détournés et brûler les documents la condamnant avant la deuxième vague révolutionnaire, qui a éclaté le 8 juillet 2011 ;
  • La contre-révolution actuellement au pouvoir a rétabli, au final, les institutions du régime qui s’étaient effondrées.

Ne cédant pas à la tentation de dériver vers un conflit armé, les masses populaires ont su préserver le côté pacifique de la révolution, et ce en dépit de toutes les provocations violentes des Frères musulmans, dont l’impopularité s’est accrue. Par ses agissements, le parti au pouvoir s’est attiré l’hostilité des juges, des médias, des ouvriers, des fonctionnaires, des professionnels, des jeunes des quartiers populaires, et de vastes pans du secteur rural. Ces poches de résistance constituent un indice, qui montre que la révolution n’a pas été battue en brèche et que les forces réactionnaires qui dirigent le pays n’ont pas remporté une victoire définitive.

Tout avait commencé quand le Conseil militaire avait autorisé les partis religieux extrémistes, et refusé d’élaborer lui-même une Constitution, créant un comité d’amendement de la Constitution  dirigé par un sympathisant des Frères musulmans. Le Conseil militaire, ensuite, a organisé les élections présidentielles selon un plan prémédité, visant à remettre la présidence au candidat des Frères musulmans. C’était là la seule visée du Conseil militaire. Il s’agit d’un coup d’Etat militaro-islamiste. Puis les élections ont été dominées par les slogans religieux et par l’influence des groupuscules islamistes, qui ont matraqué leur message jusque dans les mosquées. En termes de flux financiers, des millions de dollars ont été dirigés vers la campagne des Frères musulmans.

Au terme de cette victoire islamiste, on n’observe aucun progrès démocratique, aucune stabilité politique, et la sécurité n’est toujours pas revenue dans les rues du pays.  Aucune des promesses – pain, sécurité, énergie, réformes, emploi – n’a été tenue.  Le parti au pouvoir déconstruit l’ordre social hérité de la culture démocratique, pour ramener l’Egypte à un ordre féodal dominé par un islam primitif. Depuis la prise de pouvoir, il règne un climat de fanatisme intellectuel, politique et religieux, où les opinions divergentes n’ont pas leur place. Quiconque n’est pas aligné avec les vues officielles se voit taxé de mécréant, et l’on essaiera de propager contre lui des sentiments de haine et de mépris. On observe aussi l’émergence d’un capitalisme de connivence, semblable aux pires heures du règne de Moubarak. Ainsi, le régime offre un soutien inconditionnel aux magnats des affaires issus des Frères musulmans, dans un contexte de capitalisme sauvage. On assiste à la montée d’une classe d’islamo-affairistes, une élite qui prend des participations dans les plus grandes entreprises égyptiennes. Ce clientélisme s’illustre par leurs participations dans des entreprises de secteurs tels que l’import-export, les appareils ménagers, le prêt-à-porter, le mobilier, les produits chimiques, les textiles, les imprimeries, ou encore les maisons d’édition islamiques.

Les forces de la contre-révolution, contre lesquelles le peuple s’est soulevé, ont donc réussi leur plan de manière spectaculaire. Mais cette réussite sera sans doute passagère. Car les succès de la révolution, qui se sont imposés durant deux ans, ont cristallisé une prise de conscience populaire, qui est toujours en progression. Les différentes vagues révolutionnaires ont accru cette prise de conscience des masses quant au danger que représentent, pour la liberté et la justice sociale, les Frères musulmans et leurs alliés. La détérioration préoccupante de la situation économique et sociale, et les pressions croissantes sur les classes populaires illustrent l’étendue du potentiel révolutionnaire face à cette nouvelle théocratie capitaliste, que j’assimile à une extrême droite conservatrice. Ainsi, après deux ans, les évolutions concrètes confirment que l’alliance des Frères musulmans et des Salafistes a usurpé la révolution et s’est retourné contre elle.

« Pain, liberté, dignité, justice sociale ». Telles étaient les revendications du peuple égyptien, jusqu’à ce qu’un parti non démocratique s’empare de tous les pouvoirs.

Source : http://chroniquesplurielles.com/wordpress/?p=245

Boy, seven, pictured smoking a cigarette and hanging on to his gun in violence-plagued Syria | Mail Online

Cet article paru dans le journal Anglais du Daily Mail, parle d’un enfant de 7 ans qui s’appelle Ahmed, d’après le journal, ce petit prend part aux combats dans le quartier de Salaheddine dans la ville de Alep en Syrie aux côtés de son père lui même membre de l’Armée Syrienne Libre, on le vois sur ces photos entrain de fumer une cigarette avec une Kalachnikov sur son épaule … c’est ça la Syrie qu’ils veulent, c’est ça le Printemps Arabe, la destruction de toute une nation avec le sang des innocents …. !!!!!

Mehdi BOAUBID

29/03/2013

**********************************************************************************************

 

A shocking photo of a small boy smoking a cigarette and clutching a high-powered rifle has emerged from the violence in war-torn Syria.

In the captivating images taken on Wednesday, 7-year-old Ahmed – the son of a rebel fighter – takes a drag from the cigarette and exhales a cloud of smoke like he’s been doing it for years.

With his right hand, he holds the back of his weapon.

Scroll down for video

Little warrior: Ahmed, the 7 year old son of a FSA fighter, stands in front of a barricade were he assists his Free Syria Army comrades in the neighborhood of Salahadeen

Little warrior: Ahmed, the 7 year old son of a FSA fighter, stands in front of a barricade were he assists his Free Syria Army comrades in the neighborhood of Salahadeen

Children of war: The photo was taken in front of a barricade in the neighborhood of Salahadeen, Aleppo - the front lines of the bloody Syrian civil war

Children of war: The photo was taken in front of a barricade in the neighborhood of Salahadeen, Aleppo – the front lines of the bloody Syrian civil war

The photo was taken in front of a barricade in the neighborhood of Salahadeen, Aleppo – the front lines of the bloody Syrian civil war.

The photo comes as international powers rejected a request to provide Patriot missile support for rebel-held areas of northern Syria.

The refusal by NATO sends a message to President Bashar al-Assad to ‘do what you want,’ Syrian opposition leader Ahmed Moaz Alkhatib said on Wednesday.

Strong words: NATO's refusal to provide Patriot missiles for Syrian rebels tells President Bashar al-Assad to 'do what you want,' says opposition leader Ahmed Moaz Alkhatib, pictured

Strong words: NATO’s refusal to provide Patriot missiles for Syrian rebels tells President Bashar al-Assad to ‘do what you want,’ says opposition leader Ahmed Moaz Alkhatib, pictured

Alkhatib, a popular figure in the opposition, also said he would not rescind his resignation as leader of the main anti-Assad alliance but he would still perform leadership duties for the time being.

NATO said on Tuesday it had no intention of intervening militarily in Syria after Alkhatib said he had asked the United States to use Patriot missiles to protect rebel-held areas from Assad’s air power.

‘Yesterday I was really surprised by the comment issued from the White House that it was not possible to increase the range of the Patriot missiles to protect the Syrian people,’ Alkhatib told Reuters.

‘I’m scared that this will be a message to the Syrian regime telling it « Do what you want. »‘

Asked about his resignation on Sunday as leader of the rebel coalition – which he has said was motivated mainly by frustration at Western reluctance to increase support for the opposition – he said: ‘I have given my resignation and I have not withdrawn it. But I have to continue my duties until the general committee meets.’

Alkhatib took Syria’s vacant seat at an Arab League summit in Qatar on Tuesday, deepening the Assad government’s diplomatic isolation two years into a conflict that has cost an estimated 70,000 lives.

The 22-nation League lent its support to giving military aid to the Syrian rebels and a summit communique also offered some of its sternest language yet against Assad, affirming member states had a right to offer help.

But Tuesday’s proceedings offered no clarity on Alkhatib’s position in the leadership, a question central to Arab and Western efforts to shore up the political credibility of the opposition and heighten pressure on Assad and his inner circle.

Conflict: A Syrian opposition fighter runs for cover from Syrian army snipers during clashes in the northern city of Aleppo

Conflict: A Syrian opposition fighter runs for cover from Syrian army snipers during clashes in the northern city of Aleppo

Fighting back: Free Syrian Army fighters take their positions as they observe the Syrian army forces base of Wadi al-Deif, at the front line of Maaret al-Numan town, in the Idlib province

Fighting back: Free Syrian Army fighters take their positions as they observe the Syrian army forces base of Wadi al-Deif, at the front line of Maaret al-Numan town, in the Idlib province

In his remarks to Reuters, Alkhatib sought to portray himself as a conciliatory figure, declining to be drawn on his next political moves.

Asked whether he would withdraw his resignation, he replied: ‘This is the situation as it stands.’

He said that until the coalition meets, he would focus on ‘narrowing differences and building a bridge between the factions in the opposition.’

Opposition rifts are many.

They include rivalry between liberals and various sorts of Islamists, between exiles and groups that operate within Syria, and between those seeking a political settlement and those who insist an armed campaign is the only solution.

Those divisions are reflected among Arab states, which agree on little other than their professed abhorrence of the bloodshed caused by an increasingly sectarian conflict.

Read more: http://www.dailymail.co.uk/news/article-2300251/Boy-seven-pictured-smoking-cigarette-hanging-gun-violence-plagued-Syria.html#ixzz2OvnMse7G
Follow us: @MailOnline on Twitter | DailyMail on Facebook

 

Takieddine balance: Les 400 millions d’€ de Khadafi, la guerre en Libye, le rôle du Qatar / ONPC

Karachi, sondages de l’Elysée, Libye, Lagarde/Tapi … Alors que Nicolas Sarkozy est mis en examen dans l’affaire Bettencourt, l’ancien chef de l’Etat doit faire face à d’autres fronts judiciaires.

Or-Tunisie : Une opération de diversion ???

Image

Paris- Telle l’arlésienne (1), l’affaire des lingots d’or dérobés par la Famille du dictateur tunisien Zine el Abidine Ben Ali a refait brutalement surface à la mi-Février 2013, en France, en plein conflit du Mali, alors que la Tunisie connait un regain de violence entre islamistes et progressistes, dans la foulée de l’assassinat du dirigeant démocratique tunisien Choukri Belaid.

Le vol des lingots d’or tunisien avait été évoqué une première fois dans la presse par le Journal Le Monde, en janvier 2011 (2-A), dans la foulée de la fuite du président déchu. Son surgissement, via Nice Matin (2-B), deux ans plus tard, pose le problème des enjeux de pouvoir que l’affaire sous-tend.

Me William Bourdon, Président de Sherpa, association anti-blanchiment d’argent et avocat de Transparency international, a critiqué « une faille dans le dispositif français et européen ». Au-delà de cette condamnation, en l’absence de toute réaction officielle des divers protagonistes, cette affaire ténébreuse à bien des égards pourrait apparaitre comme une opération de diversion à une lutte de pouvoirs transméditerranéens, en superposition à des enjeux internes.

Un ancien haut fonctionnaire français, grand spécialiste du Maghreb, a fait preuve de scepticisme devant la narration journalistique de l’affaire suggérant d’autres pistes. «Pas sûr que l’origine de cet or soit la Banque Centrale de Tunisie, établissement à l’image de la Banque de France ou du Liban, sérieux et rigoureux, capable de traverser les turpitudes des politiques et même les guerres.

«Des lingots proviennent-ils de Ben Ali ou de son clan ? Tout est possible avec eux, mais ce type de trafic a besoin de nombreux complices. Pourtant, il n’y a pas d’indiscrétions sur les passeurs. Pourquoi acheminer du métal encombrant depuis la Tunisie vers la France? Pour blanchir? Pour transférer? Vers où? En France, les douanes et la DNED dépendent de Bercy (ministère des finances). Pourquoi passer par Paris ou Nice qui sont très surveillés. Pourquoi ne pas aller directement à Zurich, capitale mondiale des transactions d’or?

«Il ne faut pas oublier que la Tunisie est au sud de la Sicile! De plus, le pays n’est plus du tout contrôlé. Les frontières sont totalement perméables avec la Libye et avec l’Algérie. Ainsi à El Menzah, banlieue de Tunis, l’essence de contrebande venue d’Algérie est en vente à la sauvette», a-t-il expliqué à l’auteur de ces lignes.

Sur la foi des éléments disponibles, il n’est pas interdit de déduire six hypothèses de départ:

Primo: La divulgation de l’affaire par Nice Matin, trois mois après son passage sous contrôle de Bernard Tapie, tendrait à accréditer l’idée d’un possible repositionnement politique du repreneur d’affaires dans l’échiquier régional et national dans la perspective des prochaines élections municipales de 2014. L’ancien directeur de l’Olympique de Marseille avait déjà brigué la Mairie de la cité phocéenne, dans la décennie 1990, à l’époque où il était membre du gouvernement socialiste de François Mitterrand.

La sophistication des sources citées par l’enquête de Nice Matin «sources de la Douane française de Nice, Marseille et Paris, qui ont saisi le Groupe opérationnel de lutte contre le terrorisme (Golt) de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED)» tendrait, là aussi, à suggérer le sérieux de l’enquête, ou à l’inverse, noyé l’identité du ou des informateurs. Avec l’objectif de suggérer que «Tapie, c’est du lourd désormais et non du pipeau, Coco». Une force avec laquelle il faudra compter. Un relayeur efficace. Si cette hypothèse se vérifiait, Bernard Tapie aurait opéré là une entrée subliminale dans le débat public de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur), particulièrement à Nice (Sud de la France), fief du féal sarkozyste Christian Estrosi.

Deuxio: L’Elysée avait fuité l’affaire du vol de l’or tunisien, en janvier 2011, via Le Monde, avant que le quotidien ne se rétracte, sans explications convaincantes.  Nicolas Sarkozy a-t-il voulu garder cette carte en main en vue d’une éventuelle collaboration avec les néo-islamistes, alors au seuil du pouvoir dans le Monde arabe?  D’une manière subséquente, le pouvoir français avait-t-il alors fermé l’œil en raison de la proximité de Rached Ghannouchi, le chef du mouvement islamiste tunisien d’An Nahda avec l’Emir du Qatar, alors chouchou de Nicolas Sarkozy?

Tertio: Le trafic s’est arrêté en avril 2012. En fuitant l’affaire un an après, les services français veulent-ils suggérer une complicité entre Ben Ali et An Nahda pour déconsidérer le parti islamiste, d’autant plus vraisemblablement que M. Ghannouchi avait noué connaissance avec Sakr Matari, à Londres, du temps où le prédicateur y vivait  en exil et le futur gendre présidentiel y séjournait d’abord en tant qu’étudiant d’abord, en tant qu’hommes d’affaires, ensuite.

Quarto: En portant l’affaire une nouvelle fois sur la place publique, dans un contexte  radicalement différent, le pouvoir socialiste a-t-il voulu adresser un signal au Qatar pour «siffler la fin de la partie» et lui signifier de se calmer avec ses manigances avec  Ansar Eddine que la France combat au Mali ? Ce faisant, le pouvoir socialiste a-t-il voulu se dédouaner à bon compte auprès de l’opinion française de l’accusation de duplicité dans ses rapports avec le djihadisme salafiste, qu’il combat au Mali, qu’il encadre et conseille en Syrie.

Quinto: Le trafic s’est arrêté en avril 2012. S’agit-t-il d’une torpille socialiste contre Nicolas Sarkozy en ce que le trafic s’est déroulé sous sa mandature;  révélation bienvenue pour le pouvoir socialiste pour autant que l’affaire vienne encombrer et compliquer encore plus le paysage politique et judiciaire du «premier président de sang mêlé de France» en lui coupant définitivement l’envie de rêver d’un retour au pouvoir en se rasant tous les matins?

Dernier et le moindre des arguments: Occulter le plus important, selon le principe de la lettre volée (3), les comptes bancaires du trio infernal— Ben Ali-Moubarak-Kadhafi placés dans les institutions financières occidentales.

De l’ordre de 120 milliards de dollars, infiniment plus lourd que cette peccadille de lingots d’or, séquestrés en toute quiétude et pour leur plus grand bénéfice dans les coffres des banques occidentales, à un moment de leur plus grand besoin en cette période de crise de l’endettement européen.

Se référant aux estimations de la CNUCED, Me Fabrice Marchisio, avocat spécialisé dans le recouvrement d’actifs frauduleux, précise que 400 milliards de dollars ont fui l’Afrique entre 1970 et 2005 vers d’autres continents et se fondant sur les estimations de la banque Mondiale, il indique que le montant des détournements des dictateurs arabes déchus lors du «printemps arabe», Hosni Moubarak (Egypte), Zine El Abidine Ben Ali (Tunisie) et Mouammar Kadhafi (Libye) serait d’une ampleur oscillant entre 100 milliards et 200 milliards, une variation qui intègre dans ses estimations des actifs dissimulés (4).

René Naba

Références

1-L’Arlésienne est  une nouvelle d’Alphonse Daudet  publiée en 1866 dans les Lettres de mon moulin; Une Arlésienne est une personne constituant le sujet principal d’une intrigue mais que l’on ne voit jamais (comme dans la nouvelle de Daudet). Par extension, c’est devenu un type de personnage de fiction.

2- L’affaire des lingots d’or de Tunisie

La version du Journal le Monde

Le journal Le Monde rapportait, en janvier 2012, dans la foulée de la fuite du dictateur tunisien, que La famille Ben Ali aurait fui avec 1,5 tonne d’or, soit 45 millions d’euros, se référant à des soupçons en provenance de l’Elysée.

La famille du président déchu Zine El Abidine Ben Ali se serait enfuie de Tunisie avec 1,5 tonne d’or, selon le journal Le Monde qui cite des sources à la présidence française, une information démentie par la Banque centrale de Tunisie. «L’Elysée soupçonne la famille Ben Ali d’avoir fui la Tunisie avec 1,5 tonne d’or», affirme le quotidien français dans son édition de lundi. Le Monde indique que la présidence «se fonde sur des recoupements des services secrets français» qui «essaient de comprendre comment s’est achevée la journée de vendredi 14 janvier, qui a vu le départ du président et de sa famille et la chute de son régime».  Selon les services secrets français cités par Le Monde, Leïla Trabelsi, la femme du président, «se serait rendue à la Banque centrale de Tunisie cherché des lingots d’or», et aurait essuyé un refus du gouverneur, avant qu’il ne cède sous la pression de Zine El Abidine Ben Ali. «Il semblerait que la femme de Ben Ali soit partie avec de l’or (…), 1,5 tonne d’or, cela fait 45 millions d’euros», a déclaré au journal un responsable politique français. Une information émanant de «source tunisienne» qui «a l’air relativement confirmée», selon un conseiller de l’Elysée. La Banque centrale de Tunisie (BCT) a, de son côté, catégoriquement démenti ces informations. «Les réserves d’or de la Banque centrale de Tunisie n’ont pas été touchées ces derniers jours», a déclaré à l’AFP une source officielle à la BCT.  «Les réserves de devises n’ont pas été touchées non plus, le pays a des règles très strictes», a ajouté cette source, assurant que «le gouverneur de la BCT n’avait reçu personne ces derniers jours, ni Leïla (Trabelsi) ni Ben Ali lui-même». Zine El Abidine Ben Ali a fui vendredi son pays pour l’Arabie Saoudite, après un mois de manifestations réprimées dans le sang qui ont mis fin à 23 ans d’un règne sans partage.

Sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, et la famille de cette dernière, se sont accaparés les richesses du pays en utilisant l’appareil d’Etat, usant d’alliances, de corruption, de menaces, affirment plusieurs experts et analystes. Depuis trois jours, les membres du clan sont pourchassés en Tunisie, arrêtés ou tués, et leurs somptueuses villas saccagées. AFP Le : 2011-01-19  N°: 2350

La version de Nice Matin

1800 lingots d’or sortis de Tunisie entre janvier 2011 et avril 2012, selon  »Nice-Matin »

Le journal en date du 16 Février 2013 précise que ces lingots, sortis illégalement de Tunisie, ont transité par les aéroports Nice, Marseille, Orly et Roissy, transportés par des passeurs tunisiens des deux sexes, en transit vers Istanbul ou Dubaï.  »Nice-Matin » cite des sources de la Douane française de Nice, Marseille et Paris, qui ont saisi le Groupe opérationnel de lutte contre le terrorisme (Golt) de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), sans qu’on leur demande d’intervenir pour arrêter ce transfert qui a tout l’air d’un trafic illégal et qui a duré pendant plus d’un an et demi… jusqu’en avril 2012.  «Officiellement, d’ailleurs, ce dossier n’existe pas. Pire que s’il était couvert par un secret d’Etat. La direction des douanes ne répond pas. Le ministère du Budget cherche des  »éclaircissements »», écrit  »Nice-Matin ».

Les 1.800 lingots d’or, d’une valeur de 72 millions d’euros (près de 150 millions de dinars), ont été exfiltrés illégalement de Tunisie, et sans obstruction aucune, au rythme de 2 à 5 passages par semaine depuis la chute de Ben Ali en janvier 2011 jusqu’en avril 2012. Les douaniers français ont dénombré près de 150 passages. «Et, mercredi dernier, surprise: alors qu’on pensait le trafic terminé, une nouvelle  »muse » tunisienne, sur le vol Djerba-Nice, a passé douze kilos en lingots d’or à l’aéroport», écrit  »Nice-Matin ». Ces révélations sont d’autant plus graves qu’elles font accréditer la thèse que ce trafic de lingots d’or entre Tunis et Dubaï via les aéroports français a un lien avec les biens mal acquis du clan Ben Ali et que les passeurs, dont il s’agit de déterminer l’identité, bénéficient de complicités dans les différents aéroports tunisiens. (I.B)

3-La Lettre volée (The Purloined Letter dans l’édition originale) est une nouvelle d’Edgar Allan Poe, parue en décembre 1844. Dans cette nouvelle, le détective Auguste Dupin est informé par G…, le préfet de police de Paris, qu’une lettre de la plus haute importance a été volée dans le boudoir royal. Le moment précis du vol et le voleur sont connus du policier, mais celui-ci est dans l’incapacité d’accabler le coupable. Malgré des fouilles extrêmement minutieuses effectuées au domicile du voleur, G… n’a en effet pas pu retrouver la lettre. Mettre la main sur cette dernière est pourtant d’une grande importance, car son possesseur se retrouve en mesure d’exercer des pressions sur le membre de la famille royale à qui il l’a dérobée. G… en vient donc à demander l’aide de Dupin. Quelques semaines plus tard, Dupin restitue la lettre au préfet. Il explique alors au narrateur comment certains principes simples lui ont permis de retrouver la lettre.

Comme dans Double assassinat dans la rue Morgue, La Lettre volée met en scène Dupin et ses célèbres facultés d’analyse. La réflexion logique est au centre de la nouvelle, et toute une part de l’intrigue s’appuie sur les difficultés à trouver une solution rationnelle à la disparition de la lettre. Lors de sa visite à Dupin, G… explique les raisonnements qui lui ont permis de découvrir l’identité du voleur, et ceux qui lui ont permis de déduire que la lettre était toujours en sa possession, cachée quelque part dans son domicile. En dépit de ses certitudes, G… ne parvient pourtant pas à récupérer l’objet : le mystère se partage donc entre d’une part la possession certaine d’éléments, et de l’autre l’incapacité à obtenir des résultats. Si Dupin réussit, lui, à résoudre cette apparente contradiction, c’est parce qu’il a su raisonner autrement que le policier, dont les déductions, pour justes qu’elles fussent, n’ont pas suffi à résoudre l’affaire. G… a en vain cherché la lettre en la supposant cachée: il a sondé tous les espaces pouvant abriter une lettre qu’on aurait voulu dissimuler.

Dupin comprend lui que si G.. a échoué, c’est que la lettre volée a volontairement été mise en évidence par le criminel. Loin d’être rangé dans un endroit secret, le billet est en évidence dans le bureau du coupable : la lettre a été froissée, maquillée d’un autre sceau et d’une autre écriture après avoir été pliée à l’envers. Si elle n’attire pas l’attention c’est qu’elle semble sans valeur, ordinaire.

4-Me Fabrice Marchisio est membre du cabinet Asset Tracing and Recovering/Cabinet Cotti, Vivant, Marchisio and Lazurel. Interview au journal Le Figaro 12 septembre 2011.

Source : http://www.mondialisation.ca/or-tunisie-une-operation-de-diversion/5326091

 

Image

Tunis-On n’a pas de choix qu’accepter les conditions du FMI, selon Ezzeddine Saidane

Face à l’accès difficile aux marchés traditionnels, la Tunisie se trouve obligée de recourir au FMI, c’est ce qui nous a affirmé Ezzeddine Saidane , expert financier suite à la polémique suscitée ces derniers temps par certains analystes et politiciens.

« Dans ce contexte particulier et assez difficile, on n’a pas d’autre choix que d’accepter les conditions qui seront imposées par le FMI qui n’est pas une institution financière traditionnelle classique. Il s’agit d’un fonds qui a pour mission d’aider les pays en difficultés et à redresser leurs économies et leurs finances avec des conditions précises » a-t-il souligné rappelant que la Tunisie n’a pas fait recours au FMI depuis 1986, année pendant laquelle la Tunisie a adopté le plan d’ajustement structurel (PAS).

W.T

Source : http://www.africanmanager.com/148053.html

Je parlais justement des actions criminelles du FMI, ces cibles actuelles en Afrique du Nord sont  : La Tunisie, l’Egypte et le Maroc …!!!

Tunisie

La Syrie, terre des minarets en ruines et des petites filles décapitées

La Syrie, terre des minarets en ruines et des petites filles décapitées

A l’instar des rêves, les villes sont faites de désirs et de peurs, mais si le fil de leur propos est sibyllin, leurs règles sont absurdes, leurs perspectives sournoises et tout n’y est que dissimulation.

alep-syrie-jouets

Dans Les villes invisibles, roman d’Italo Calvino, l’explorateur Marco Polo décrit les villes d’un vaste et déliquescent empire à son souverain, Kubilai Khan. Au bout d’un moment, les récits se superposent et le khan comprend que le navigateur à sa cour n’a parlé que d’une seule et même ville, imaginaire, fragmentaire –où chaque vignette expose une perspective différente, dévoile une autre ville, où la mort reflète la vie et où les cités ont des noms de femmes italiennes. Chaque ville est suspendue entre réalité et chimère et rappelle au lecteur que toute ville ne peut être appréhendée que par petites touches, saisissant à chaque fois un objet, une histoire ou un souvenir précis.

Cela fait maintenant près de dix ans que je lis et relis Les villes invisibles. Avant la révolution syrienne, la poésie de Calvino s’ancrait, confortablement, dans l’univers de la fiction.

Récemment, en rouvrant le livre pour y piocher quelques citations, j’ai replongé –cette fois-ci, je parcourais tous les jours quelques pages en intercalant ma lecture avec le flux interminable d’images sordides, arrivant de nos villes syriennes bien trop réelles.

Pour la première fois, les mots de Calvino se détachaient de la fantasmagorie; les villes syriennes s’intercalaient entre les lignes des Villes invisibles. Avec Kubilai Khan, j’ai écouté les récits de Marco Polo et j’ai essayé de comprendre comment des villes pouvaient devenir invisibles.

Le spectacle de la mort

Le spectacle de la mort est devenu un passe-temps révolutionnaire. Il y a tant à en apprendre. La mort est rapide, bien plus courte qu’un clip YouTube. La mort, c’est un homme enveloppé dans son linceul, des bandages ensanglantés autour de la tête et des bouts de coton enfoncés dans ses narines, c’est la teinte bleue-grise de sa peau. La mort, c’est une caméra qui balaye des fosses communes où des cadavres d’enfants forment de longues lignes, parfaites, qu’on recouvre de terre couleur rouille. Les morts syriennes se sont accumulées si vite que la perte de ces 40.000 vies, en à peine deux ans, semble impossible à concevoir.

Mais la mort d’une ville est différente. Elle est lente –chaque quartier dit sa mort bombe après bombe, obus après obus et pierre après pierre. Assister à la mort de nos villes est insoutenable.

Ce n’est pas comme apprendre la mort de quelqu’un –la nouvelle arrive toujours trop tard, toujours après les faits–, avec la mort d’une ville, c’est comme si le processus pouvait être enrayé, que la ville pouvait être sauvée des griffes de la destruction. Mais là est l’illusion: ces villes, autrefois ardentes et vivaces, ne peuvent être sauvées. Nous sommes frappés d’impuissance et nous n’avons plus qu’à les regarder tomber en décrépitude.

On nous a vendu les ruines comme des lieux romantiques et poétiques. Comme des touristes se baladant dans des sites archéologiques, appareils photo autour du cou et guide en poche, dans les tourbillons de poussière qui effleurent les restes d’une civilisation morte, nous sommes en quête de beauté.

Les ruines, ce n’est pas romantique

Nous imaginons le passé, à quoi ressemblaient ces lieux avant l’effondrement des empires et la transformation d’objets quotidiens en artefacts historiques.

Mais il n’y a que la distance du temps et de la géographie qui permet ce type de romantisme. En pleine guerre, les ruines en formation ne sont pas belles, elles ne sont pas les messagères de leçons profondes, ni même une mise en scène alambiquée invitant à la méditation philosophique sur la folie des hommes. Quand vous y assistez, en direct, quand la destruction est réelle, quand elle concerne votre ville, c’est une tout autre histoire.

C’est ce moment de désespoir où nous réalisons combien notre empire, qui nous semblait réunir toutes les merveilles du monde, n’est qu’une ruine sans fin et sans forme, que la gangrène de la corruption est remontée trop haut pour que notre sceptre puisse la guérir et qu’en terrassant nos souverains ennemis, nous avons hérité de leur longue déchéance.

Etre originaire d’Alep, ce n’est pas être originaire de n’importe quel endroit du monde. Nous avons marché si profondément dans l’histoire que nous ne l’avons pas comprise –ce lieu, plus vieux que tous les autres, nous avons simplement appris à l’appeler maison.

Etre né à Alep…

Nous avons grandi en sachant que notre insignifiante existence n’était que la couche de poussière la plus fine au sommet d’une épaisse strate géologique, faite des empires, des royaumes et des générations qui se sont succédés entre nos murs. Nous avons su, sans le moindre doute et dès le plus jeune âge, que nous n’étions rien d’autre qu’un battement de cils dans l’œil de notre ville.

Quand vous êtes originaire d’Alep, vous êtes frappé d’une malédiction: ici, rien ne changera jamais. Pour certains, vivre dans la ville qui ne change pas est trop difficile à supporter. Au fil du temps, l’immutabilité d’Alep et votre incapacité à y laisser une marque vous pousse à la quitter, à échanger le confort contre le changement.

Après votre départ, qu’importe l’endroit du monde où vous vous trouvez, vous savez qu’Alep est là, qu’elle vous attend dans l’état exact où vous l’avez laissée. C’est vous, par contre, qui revenez dans une forme réinventée à chaque fois que vous rentrez à la maison –diplômée, jeune mariée, mère, tout le temps fière de l’identité et des idées nouvelles que vous faites entrer dans votre ville, cette ville qui vous attendait patiemment.

A Alep, vous passez votre vie à vous angoisser sur votre postérité, à vous demander si votre legs pourra un jour rivaliser avec celui de votre ville. Mais jamais vous ne vous préoccupez de la postérité d’Alep –sur laquelle nous nous sommes si inconsidérément reposés– car comment avoir le moindre impact sur ce genre de destinée?

Une ville au regard tourné vers l’intérieur

Chez Calvino, Alep est la ville de Lalage, une ville de minarets où la lune «se repose, une fois sur l’un, une fois sur l’autre». C’est une ville d’églises, de temples, de reliques et de tombes de mystiques révérés. C’est une ville où les épices de l’Arménie se mélangent aux saveurs de la Turquie. C’est une ville où l’arabe, le kurde et l’arménien se parlent en parallèle l’un de l’autre, avec un mot de français jaillissant, parfois, ici ou là. C’est une ville de commerce et d’industrie, où les hommes palabrent et négocient sans arrêt, dans les mêmes souks où leurs pères négociaient et palabraient avant eux. C’est une ville où des jeunes filles, en jeans moulants et hauts talons, courent les rues et y croisent d’autres femmes, habillées de longs manteaux noirs et de voiles blancs encerclant leurs visages. Et tous savent qu’ils sont ici chez eux, à Alep.

Un homme qui n’est pas originaire d’Alep m’a dit récemment:

«Quand vous allez à Alep, vous ne la voyez pas tant que vous n’êtes pas arrivé.»

Et je ne l’avais jamais remarqué. Peut-être parce que j’ai toujours été à l’intérieur de cette ville, que je n’ai jamais eu à la chercher quand j’y suis retournée. Je n’ai jamais douté de sa présence, je savais qu’elle serait toujours là, exactement, précisément comme je l’avais laissée, intacte et immuable. Mais cet homme avait raison: Alep est une ville au regard tourné vers l’intérieur; elle voit le monde parce qu’il se reflète en elle. Et parce que nous y avons vécu pendant des générations, nous avons fini par lui ressembler

Au sommet d’une colline ovale, la Citadelle d’Alep domine le cœur de la ville. C’est là que vous emmenez tous les visiteurs. Dans la chaleur de l’été, vous les guidez sur une succession escarpée de marches de pierre, motivant leurs pas exténués par la promesse de fraîcheur qu’ils trouveront à l’intérieur.

Et vous ne leur mentez pas. Vous les conduisez sous les portes massives de la forteresse et dans ses corridors sinueux, qui servaient autrefois de remparts aux attaques. Puis vous les faites ressortir, sous un soleil de plomb, le visage momentanément grimaçant du brusque passage entre l’ombre et cette cinglante lumière alépine.

La citadelle, la mosquée, ma ville

Quand l’ascension se poursuit, vous désignez à vos compagnons la mosquée de la Citadelle, à votre gauche, et l’amphithéâtre à droite. Au café, vous achetez une bouteille d’eau car, vous aussi, la chaleur a fini par vous liquéfier. Et c’est enfin l’arrivée au sommet. Là, comme toujours, la douce brise d’ouest provoque la surprise générale.

Devant cette vue majestueuse, vous tendez les bras et dans un moment de pure magie, la ville de pierres et de minarets se dévoile sous les yeux médusés de vos hôtes. C’est le moment que vous attendiez tant, le moment de vous retourner vers votre petite troupe et de lui annoncer:

«Voilà d’où je viens. C’est ma ville.»

Le moment où les obturateurs des appareils cliquettent, comme autant d’applaudissements. Ma ville, je l’ai toujours pensé, s’amuse de voir ses enfants se donner ainsi en spectacle.

Mais aujourd’hui, la Citadelle n’est plus un endroit pour impressionner les touristes. Le lieu n’est plus un site protégé du Patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est retournée à sa fonction première –celle d’une forteresse, prise dans une âpre bataille entre frères syriens, un site à occuper et à capturer, une nouvelle fois.

Notre sang ruisselle sur les pavés

Les clous et les fers à cheval antiques qui ornaient ses portes indestructibles sont désormais tordus et les lourdes planches de bois ont été brisées. Les étroites meurtrières du château, autrefois repaire d’archers, sont devenus des nids à snipers. Ses pierres crayeuses, intactes depuis des siècles, sont parsemées d’impacts de balles et la rue pavée en contrebas, fraîchement rénovée, draine le sang des victimes des combats – des cadavres qui restent parfois des jours à pourrir avant d’être récupérés par leurs proches. Comme le dit Sami, un militant d’Alep:

«Nous voyons des ruines devenir des ruines.»

A cause de notre fierté mal placée, nous sommes indignes de cette histoire que nous avons été incapables de protéger. Car la Vieille Ville, la Citadelle et les souks n’étaient pas uniquement le théâtre de nos mises en scènes sociales –ils étaient le cœur de chaque Alépien. Notre origine, c’est notre sang, et désormais notre sang ruisselle sur les pavés de notre ville. Brisée, Alep ne s’amuse plus des passe-temps de ses enfants.

La Syrie est devenue une terre de minarets en ruines et de petites filles décapitées. Dans chaque vidéo, c’est comme s’il manquait toujours quelque-chose, quelque-chose de cassé, quelque-chose qui ne sera jamais réparable.

C’est quand les choses se brisent que vous en saisissez l’essentiel –qu’il s’agisse d’amours, d’amitiés, de personnes et même de villes. En assistant à la révolution, j’ai  compris que les choses cassées prenaient davantage de place.

Tout se casse: le crâne d’une petite fille, un minaret

Quand ils sont entiers, les objets sont compacts, rentables, efficaces. Les longs intestins d’une petite fille forment des circonvolutions parfaites, dissimulées derrière son ventre plat, contrairement à la masse informe de chairs roses et entortillées qui déborde de son cadavre défiguré.

Une fois brisé, son crâne devient autant de flèches tranchantes pour le front d’un autre enfant, comme si ces os avaient toujours été des lames discrètes, prêtes à couper, et faisant simplement et provisoirement semblant de former un petit bouclier clair, tendre et bombé.

Dans le ciel, un minaret s’élève comme une construction racée et gracieuse –mais quand il tombe, il se disloque et atterrit dans les rues dans une avalanche de pierres, ses étages supérieurs emportant toute la façade du monument dans leur chute.

Et même la Syrie, un pays autrefois paisible et qui ne prenait avant la révolution qu’une place minime, déborde maintenant de tous les côtés, engorgeant journaux, débats internationaux et réseaux sociaux de millions de mots et d’images.

Une fois détruites, les choses prennent des formes inédites et inimaginables. Les sols en béton s’amoncellent en tranches verticales contre les murs des bâtiments éventrés. Les cadavres carbonisés se ratatinent, figés pour toujours dans leurs positions torturées. Les portes métalliques des magasins se froissent comme de vieilles boîtes de conserve et jaillissent de leurs gonds. Et même les souvenirs heureux se tordent sous l’effet de la destruction: le son d’un feu qui crépite ne me réconfortera plus jamais, tant il me rappellera toujours celui du brasier des échoppes historiques d’Alep.

Les zones d’ombre

Quand elles sont détruites, c’est là que vous réalisez, trop tard, combien toutes ces choses étaient fragiles: os, pierres, murs, bâtiments, villes.

La compréhension de la destruction et des changements qui l’accompagnent se fait par vagues –c’est par exemple le moment où vous saisissez que votre famille est en exil, où vous réalisez que les lieux de votre enfance ont disparu pour toujours. Les zones d’ombre de la ville commencent à correspondre aux zones d’ombre de votre esprit.

Un ami d’enfance se lamente:

«En allant dans la Vieille Ville, nous n’avons jamais pris de photos. Mais qui prend des photos à Alep?»

Il avait raison; toutes mes photographies d’Alep ont été prises par des étrangers. Au fil du temps, à mesure que je devenais moi-même une étrangère, j’ai pris de plus en plus de photos. Aujourd’hui, nous exhumons tout ce que nous pouvons, nos photographies deviennent les références d’une ville que nous pensions impérissable, que nous prenions, à tort, pour une toile de fond éternelle. Qui aurait pu dire, un jour, que nous allions lui survivre? Que nous allions rester debout quand elle allait partir en fumée?

Depuis le début, la révolution divise les habitants d’Alep. Contrairement à d’autres villes –Darra, Homs et Hama, par exemple– ils ne l’ont pas rejointe spontanément. Certains Alépiens en veulent même aux combattants de l’opposition qui, disent-ils, ont pénétré la ville sans être prêts à combattre le régime. Pour eux, le saccage d’Alep est la faute des opposants, oubliant bien commodément la violence que le régime d’Assad a infligée à leur ville depuis quatre décennies.

La mémoire courte

Au début des années 1980, quand Hafez el-Assad combattait les Frères Musulmans, il s’en est pris à la ville d’Hama –avec des milliers de personnes tuées en février 1982, et tout un quartier historique réduit à néant–, dans ce qui relève désormais de tristement célèbres «événements». Mais les gens ont oublié ce qui s’est passé avant ces «événements», quand Alep perdit des milliers de fils –disparus dans les illustres geôles d’Hassad, torturés, exécutés, et finalement effacés de la  mémoire collective.

Mais Hafez el-Assad, par contre, n’a jamais oublié le versant rebelle d’Alep. Il régenta la ville d’une main de fer, paralysa son économie et retarda son développement. Tout le quartier de Bab el-Jneen, dans la Vieille Ville, fut rasé et remplacé par une série de chancres architecturaux, des bâtiments officiels exerçant leur domination abjecte sur le tissu urbain historique. Le quartier qui faisait face à cette zone est resté vide pendant deux décennies. En étudiant la carte de la Vieille Ville, nous avions l’habitude de connecter visuellement ses rues sinueuses à ce trou béant, reconstituant mentalement ce qui avait effacé de notre histoire.

Les gens oublient que si Alep était l’une des cités islamiques les mieux préservées du Moyen-Orient, c’était à cause d’années de négligence, et non d’obligeance. A la fin des années 1990, quand le régime découvrit les bénéfices de mots aussi magiques que «restauration» ou «sauvegarde patrimoniale», des millions de dollars venus de l’étranger se déversèrent dans les coffres d’Hassad, en vue d’une rénovation de la Vieille Ville.

Et tout le monde a aussi oublié que Bachar, à l’instar de son père, n’a jamais eu la moindre sollicitude pour la cité du nord. Ni pour ses bâtiments, ni pour son histoire, ni même pour ses habitants. Ce qui fut péniblement restauré, pierre après pierre, ce qui fut reconstruit, réinventé et remis en valeur est aujourd’hui détruit, en l’espace de quelques minutes. Rien n’est tenu pour sacré, ni la Grande Mosquée des Omeyyades, ni les vieux souks, ni les quartiers chrétiens d’al-Jdeideh, et pas même le symbole de la ville: la Citadelle.

La barbarie des Assad

Dans leur amnésie, les habitants d’Alep sont semblables aux habitants de tant de villes chez Calvino. Ils ont oublié que le silence et la peur n’ont plus de valeur sur le marché de la révolution. Ils ont oublié que les obus d’Assad ne font pas la distinction entre un silencieux et un brave.

Notre pays est l’étendue des paysages urbains et ruraux violés par la dynastie Assad. Comme les anciens Mongols, ils fuient en laissant derrière eux une terre recouverte de cendres, de ruines et de sang. Le régime a fait rentrer le nouveau millénaire dans la définition de la barbarie –en enveloppant le pays d’un voile de modernité cynique et mensongère, en détournant des ressources internationales vers son propre profit et sa propre gloire, puis en réduisant le pays à néant sous les bombes. Et, dans une ultime insulte, en y voyant la main d’un obscur complot.

Nous entendons des rumeurs sur la disparition de nos antiquités, sortant du pays par toutes ses vannes ouvertes –nos objets exhumés et pillés, extorqués et échangés contre des armes pour tuer davantage de Syriens.

Nos artefacts historiques quittent la Syrie et s’en vont vivre dans d’autres maisons, où des individus racontent à leurs enfants des histoires de lieux anciens, des lieux qui existaient autrefois, des lieux qui n’étaient pas encore invisibles. Des lieux qui n’étaient pas encore morts.

Une ville de cendres et de sang

Comme les villes de Calvino, Alep est une femme. Son nom complet, Halab al-Shahba, se réfère au lait de la vache grise du Prophète Abraham. Et ce n’est pas surprenant que le nom d’Alep ait une signification aussi sainte et terre à terre, un caractère qui relève autant du sacré et de la subsistance quotidienne. C’est une ville de lait et de marbre –rien ne nourrit davantage l’esprit d’Alep que sa cuisine et ses pierres.

Aujourd’hui, Alep est une ville de cendres et de sang. Les pierres laiteuses sont devenues grises, noires, avec de longues traînées rouges. Le blanc a disparu, si ce n’est dans les traces salées de nos larmes qui hachurent nos visages poussiéreux.

Pendant la guerre, nous avons appris à regarder nos villes par fragments, chaque scène dévoilant une part de nous-mêmes que nous ne connaissions pas, ou que nous feignions ne pas connaître.

Les autres, c’est nous maintenant

Chaque jour, nous sommes obligés de nous confronter aux parts les plus laides de nous-mêmes, celles que nous pensions, naïvement, appartenir aux autres. Ce n’étaient que les autres qui pouvaient tuer leurs semblables; il n’y avait que les autres pour bombarder des immeubles remplis de familles innocentes; ce n’était que les autres qui pillaient et violaient, que les autres qui massacraient des enfants. Ces actes, croyait-on, ne nous concernaient pas. Nous n’étions pas comme eux.

Ce sont les étrangers qui me posent la question la plus douloureuse:

«Pourquoi est-ce que vous, les Syriens, vous vous entretuez?»

En général, je pars sur des explications interminables en faisant de grands gestes avec mes mains, mais en évitant tout contact visuel, en donnant des exemples de précédents historiques et logiques, en parlant de tyrannie et d’oppression, de révolution et de liberté. Mais je ne leur dis pas ce que je devrais.

Pas par gentillesse, mais par pitié, et parce que cela m’effraye d’admettre combien je me suis endurcie ces vingt derniers mois: n’ose surtout pas croire, pas même une seconde, que ton peuple et tes villes sont immunisés contre ce qui se passe dans mon pays, mon cher ami. Personne, absolument personne ne l’est.

Pour ceux qui y sont passés sans y entrer, cette ville est une chose; elle en est une autre pour ceux qu’elle séquestre, ceux qui ne pourront jamais la quitter. Il y a la ville que vous voyez pour la première fois, mais c’est une autre ville que vous quitterez sans jamais pouvoir la revoir.

Nous voyons ce que personne ne devrait voir

Chez Calvino, Alep est la ville d’Almema, la ville de la mort où «vous atteignez un temps de votre vie où, parmi tous ceux que vous avez connus, le nombre des morts surpasse celui des vivants».

En Syrie, nous vivons ce qui, pour la vie elle-même, relève d’une aberration. Nous avons vu ce que personne n’est censé voir, les entrailles des enfants et les péchés originels des hommes. Nous avons assisté, horrifiés, au ballet de notre propre aviation larguant des barils d’explosifs sur des villages endormis. Nous avons défié les lois de la nature. De la même manière qu’aucun parent ne devrait avoir à enterrer ses propres enfants, personne ne devrait avoir à enterrer sa propre ville.

Dans une ville comme Alep, des changements si radicaux ne se produisent tout simplement pas au cours d’une vie. Mais désormais, plus rien ne dit que ma ville puisse me survivre.

Notre pays est malade et nous avons le mal du pays. Ma mère me dit qu’elle est une étrangère vivant chez d’autres personnes, et que des étrangers vivent chez nous. Mon père parle de tout cadenasser et de partir, la clé dans la poche, pour revenir plus tard – mais un tel retour relève désormais du rêve impossible.

Nous étions censés vivre et mourir dans une Alep immuable, comme nos grands-parents avant nous, mais nous avons préféré briser les lois de la nature et transmettre à de rares survivants les ruines ce qui nous avait été légué intact.

La nostalgie de la moindre pierre

Personne, sage Kubilai, ne sait mieux que toi que la ville ne doit jamais être confondue avec les mots qui la décrivent. Mais pourtant, entre l’une et les autres, il existe un lien.

A un moment donné, la confiance se rompt entre Marco Polo et Kubilai Khan. Le conteur et l’auditeur se séparent en deux mondes, indépendants l’un de l’autre. Kubilai finit par douter de son narrateur et accuse Marco Polo d’avoir créé des fictions sur du vent. Ces villes ont-elles jamais existé, demande-t-il, ou les as-tu inventées?

Les villes sont à la fois réelles et imaginaires. En temps de paix, elles sont des toiles de fond, des arrière-plans qui absorbent paisiblement notre ego. Elles attendent qu’on les remarque, que quelqu’un leur rende visite et les voie sous un jour nouveau, alors que nous traînons, blasés, nos pas indifférents sur leurs pavés.

Vous rêvez de quitter ce lieu qui ne change pas, de laisser derrière vous le fardeau de l’histoire sur lequel vous n’aurez jamais la moindre prise, où après votre passage, vous ne laisserez pas le moindre grain de poussière sur sa narration infinie. Vous rêvez d’un endroit, en dehors de cet endroit, où la possibilité d’échapper au passé et de devenir quelqu’un d’autre semble plus facile.

Vous n’aviez jamais imaginé qu’un jour, c’est la ville qui serait mise à nu, précaire et vulnérable. En temps de guerre, la ville devient précieuse, vous faites le deuil du moindre mètre, vous avez la nostalgie de la moindre pierre. Les images, les senteurs et les saveurs de la ville vous hantent. Vous vous accrochez au moindre souvenir du moindre lieu que vous avez connu, pour tenter de vous souvenir des choses telles qu’elles étaient. Avant.

Souvenez-vous d’une ville qui s’appelait Alep

Mais les souvenirs sont trompeurs. Vous les rassemblez en images, des images vous faites une histoire que vous racontez à votre enfant. L’histoire d’une ville que vous avez connue autrefois et qui s’appelait Alep. Une cité faite de monuments et de lait, de douceurs et d’épices, une ville si parfaite, si belle, qu’elle portait le nom de la vache d’un prophète. Ses minarets changeaient de forme, passaient du carré au rond, puis du rond à de minces aiguilles cinglant le ciel, chaque appel à la prière était une symphonie de voix qui se répondaient l’une à l’autre, comme dans une interminable conversation.

Vous continuez l’histoire, en éludant certains détails: la fuite, les flammes, les cendres, les minarets qui dégringolent, l’adhan muet, le sang devant les boulangeries et la puanteur omniprésente de la mort.

Contrairement à Calvino, vous faites l’impasse sur les sombres travers de nos sociétés, vous ignorez  les crimes des hommes, les trahisons des gens –en réalité, vous ignorez tout bonnement les humains, car vous êtes désormais persuadée que, sans ses habitants, une ville peut conserver son innocence.

Mais qu’importe, de tels détails n’ont pas leur place ici. Ce qu’il faut, c’est vous en tenir aux choses telles qu’elles étaient. Vous parlez alors de plus en plus vite, vous décrivez les maisons de vos grands-parents et celles de vos arrières-grands-parents, et vous prétendez qu’elles ne sont pas vides. Vous parlez des anciens quartiers de vos arrières-arrières-grands-pères, vos mots les reconstruisent dans leur forme parfaite et pas comme ils sont aujourd’hui –les ponts centenaires devenus tas de gravats fumants, les plantations de jasmin détruites et mortes, les fontaines des cours intérieures taries et recouvertes de terre.

Votre récit fait toutes ces impasses, tant vous voulez conserver le rêve intact et séparé du cauchemar, mais vous oubliez par là même la leçon de Calvino: les villes existent dans leur dualité.

Et l’enfant vous demandera, parce que les enfants demandent toujours:

«Maman, cette ville a-t-elle réellement existé ou l’as-tu inventée?»

Et vous ne saurez pas quoi répondre, car votre histoire est à la fois un mensonge et la vérité. Elle était réelle, et le moment d’après intangible, même en conservant les photographies au creux de vos mains et les souvenirs bien à l’abri dans votre tête. Malgré tous vos efforts, ou peut-être en dépit d’eux, elle a changé.

Et avec mes mots, avec mes dits et mes non-dits, j’ai finalement rendu ma ville invisible.

Amal Hanano
Amal Hanano est le pseudonyme d’une écrivain américano-syrienne. Vous pouvez la suivre sur Twitter: @amalhanano

Traduit par Peggy Sastre

Source : Slate

Source : http://actuwiki.fr/actu/11844

Alep

Vol à main armée à Tripoli | « L’art de la guerre »

goldman-sachs-libya

par Manlio Dinucci 

Comment le Banquier de Satan, Goldman Sachs a dépouillé la Libye … une autre dimension cachée de l’Automne Arabe..!!!!

Que feriez-vous si une banque, à laquelle vous avez confié 100 000 euros pour les faire fructifier, vous communiquait qu’en une année ils se sont réduits à moins de 2 000 euros ?

C’est ce qui est arrivé à la Libye, d’après une enquête du Wall Street Journal [1]. Après que les USA et l’Union européenne aient révoqué l’embargo en 2004, affluèrent en Libye des dizaines de banques et sociétés financières étasuniennes et européennes. Parmi lesquelles Goldman Sachs, une des plus grandes banques d’investissement du monde, dont le siège principal est à New York. Dans la première moitié de l’année 2008, l’Autorité libyenne d’investissement lui confia 1 milliard et 300 millions de fonds souverains (capitaux de l’État investis à l’étranger). La banque Goldman Sachs les investit dans un panier de valeurs et en actions de six sociétés : l’étasunienne Citigroup Inc., la banque italienne Unicredit et l’espagnole Santander, la compagnie allemande d’assurances Allianz, la compagnie énergétique française Électricité de France et l’italienne Eni. Un an après, Goldman Sachs communiqua à l’Autorité libyenne qu’à cause de la crise financière, le fonds libyen avait perdu 98 % de sa valeur, les 1 milliard et 300 millions se réduisant à 25 millions de dollars. Les responsables de l’Autorité libyenne, furieux, convoquèrent à Tripoli le responsable de Goldman Sachs pour l’Afrique du Nord. La rencontre fut turbulente, si bien que Goldman Sachs évacua précipitamment ses employés de Tripoli, craignant qu’ils ne fussent arrêtés. Comme la Libye menaçait d’intenter un procès, qui aurait compromis la réputation de la banque aux yeux d’autres investisseurs institutionnels, Goldman Sachs lui offrit en dédommagement des actions privilégiées de la banque elle-même. Mais les Libyens étant à juste titre soupçonneux, l’accord ne fut pas signé. Restait ainsi ouverte la possibilité, redoutée par Goldman Sachs, que l’Autorité libyenne n’entreprit un procès international. Des cas analogues de « mauvaise administration de l’argent libyen » sont rapportés par une enquête publiée par le New York Times [2]. Par exemple, la société Permal —unité de Legg Mason, une des principales sociétés de gestion d’investissements, dont le siège est à Baltimore— a administré 300 millions de dollars de fonds souverains libyens, qui ont perdu 40 % de leur valeur entre janvier 2009 et septembre 2010. En compensation, Permal a perçu 27 millions de dollars pour ses prestations. Même chose pour d’autres banques et sociétés financières, comme la hollandaise Palladyne, la française BNP Paribas, la britannique HSBC et le Crédit Suisse. L’Autorité libyenne menaçait d’entreprendre contre elles des actions judiciaires internationales, qui auraient endommagé l’image de ces « prestigieux » organismes financiers. Le tout s’est résolu de façon heureuse quand, en février dernier, États-Unis et Union européenne ont « gelé » les fonds souverains libyens. Leur « surveillance » a été confiée à ces mêmes banques et sociétés financières qui les avaient si bien gérés.

Et, du vol, on est passé à la rapine à main armée quand la guerre a commencé, en mars. À l’abri des chasseurs-bombardiers de l’OTAN, HSBC et d’autres banques d’investissement ont débarqué à Benghazi pour créer une nouvelle « Central Bank of Libya », qui leur permettra de gérer les fonds souverains libyens « gelés » et les nouveaux qu’ils tireront de l’exportation des hydrocarbures. Cette fois, sans aucun doute, en obtenant de forts rendements.

Goldman Sachs

Manlio Dinucci

Traduction 

Marie-Ange Patrizio