Démission du pape: l’envers du décor – – Bilan

« Au même moment, le département d’Etat américain plaçait le Vatican sur liste noire, le considérant aussi opaque en matière d’accueil de fonds issus de la drogue et d’autres crimes que des juridictions comme le Yémen ou la Corée du Nord. Et ce début d’année, la Banque d’Italie a suspendu, le mois dernier, tous les paiements par cartes bancaires au Vatican, pour des raisons de non-conformité aux standards internationaux du blanchiment d’argent »

Mes amis je vous laisse deviner à quel moment les transactions par carte bleue ont été soudainement ré autorisées … !!

****************************************************************************************************************************************

LES EXPERTS
MYRET ZAKI

Démission du pape: l’envers du décor

Depuis la démission du Pape Benoit XVI, les seuls commentaires que l’on a pu entendre dans les médias ont été : « c’est merveilleux », « c’est magnifique », « c’est beau », « c’est digne ».

Mais où est donc passée l’information, l’analyse? Comme si c’eût été blasphématoire, nulle réflexion n’est développée sur les possibles causes concrètes de son départ. Celles qui concernent l’énorme responsabilité, du moins morale, qui pesait sur ses épaules au vu des multiples scandales qui ternissent plus que jamais la réputation du Vatican. Abus sexuels, blanchiment d’argent, ou encore clientélisme et corruption révélés par le majordome du Pape, tout cela fleure bon la piété, l’intégrité et la dévotion qui règnent au Saint-Siège. La vérité, c’est que les notions de responsabilité, de sanction, de punissabilité, sont aujourd’hui inexistants aussi bien au Vatican et dans les hautes sphères de l’Eglise, que dans les conseils d’administration et les comités de direction.

–       D’abord, Benoit XVI, bien qu’il ait introduit des règles pour améliorer la lutte anti-blanchiment à la Banque du Vatican en 2011, n’a pas réussi à instaurer plus d’éthique et de transparence dans l’institution, qui reste parmi les plus opaques du monde, et dont les comptes secrets ont maintes fois servi au recyclage d’argent criminel. En 2012, un nouveau scandale éclatait : un prêtre était arrêté en Italie après avoir fait transiter sur son compte les fonds de la mafia sicilienne.

Au printemps dernier aussi, le Conseil de l’Europe estimé dans un rapport que la Banque du Vatican n’avait pas suffisamment amélioré ses contrôles anti-blanchiment. Au même moment, le département d’Etat américain plaçait le Vatican sur liste noire, le considérant aussi opaque en matière d’accueil de fonds issus de la drogue et d’autres crimes que des juridictions comme le Yémen ou la Corée du Nord. Et ce début d’année, la Banque d’Italie a suspendu, le mois dernier, tous les paiements par cartes bancaires au Vatican, pour des raisons de non-conformité aux standards internationaux du blanchiment.

–       La suite n’est pas plus prometteuse. Mi-février, la banque du Vatican a engagé un remplaçant pour son ex-directeur, Ettore Tedeschi, renvoyé en mai dernier. Le remplaçant n’est autre qu’un ami de Benoit XVI, le baron Ernst von Freyberg, un aristocrate bavarois qui se trouve être aussi fabricant de navires de guerre pour la marine allemande. Son prédécesseur, Tedeschi, aurait été chassé avant de divulguer à la police les informations qu’il avait sur les comptes secrets de l’institution.

–       Surtout, le scandale qui ternit l’image du Vatican ne se contente pas d’être uniquement financier. Fin 2011, une plainte pour crimes contre l’humanité a été déposée contre Benoit XVI auprès de la Cour internationale de justice. Des victimes d’abus sexuels de prêtres, organisés depuis New York, lui reprochaient d’avoir toléré et dissimulé, durant ses 30 ans de carrière comme cardinal et comme pape, les cas d’abus sexuels d’enfants par des prêtes et d’avoir muté les coupables au lieu de les renvoyer.

Même si la plainte n’a pas abouti, le représentant de Dieu sur terre pour des millions de catholiques a vu son image définitivement ternie par ces scandales. Faisant écho à cette plainte, le rapport 2010 d’Amnesty International avait pour la première fois cité l' »échec persistant » du Vatican à sanctionner les abus sexuels commis par l’Eglise. De la même façon, les cas de maltraitance et de torture de jeunes filles par des sœurs catholiques, comme l’affaire qui a récemment éclaté à Lucerne en Suisse, et pour laquelle le Diocèse de Bâle a présenté des excuses publiques, ont toujours échappé à la moindre sanction.

–       Aujourd’hui, comme si le Vatican admettait la culpabilité de Benoit XVI, il lui demande de résider au Vatican jusqu’à la fin de ses jours, pour préserver à vie son immunité contre toutes poursuites éventuelles.

Le Vatican, ce lieu de haute intégrité, dont la banque donne l’exemple de l’éthique financière et dont les mœurs sont un modèle à suivre, mérite-t-il vraiment l’appellation de Saint-Siège ?

Ce qui est sûr, pour en revenir à la démission de Benoit XVI : c’est que c’est merveilleux, c’est magnifique, c’est beau, c’est digne.

Source : http://www.bilan.ch/myret-zaki/redaction-bilan/demission-du-pape-lenvers-du-decor

pedophilie-et-eglise

Le Figaro – France : Pédophilie : le Pape accusé de crime contre l’humanité


Crédits photo : VINCENZO PINTO/AFP
  •  

  • Share

Le Vatican ne s’inquiète pas de la plainte déposée à Cour pénale internationale à propos des affaires de pédophilies

Au Vatican, la plainte déposée lundi contre Benoît XVI et trois cardinaux devant la Cour pénale internationale (CPI) par deux organisations américaines de défense de victimes de prêtres pédophiles (SNAP : Réseau des survivants des personnes abusées par des prêtres ; CCR Centre pour les droits constitutionnels) n’impressionne pas.« No comment » a lâché le Père Fédérico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège devant l’épais dossier de 20 000 pages déposé au tribunal de La Haye (Pays-Bas) visant nommément le Pape et les cardinaux Tarcisio Bertone, Angelo Sodano (respectivement actuel et ancien Secrétaire d’Etat, c’est-à-dire, numéro 2 du Vatican) et William Levada (actuel Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi). Ces quatre personnalités sont accusées de « crime contre l’humanité ». Ces deux associations leur faisant implicitement endosser la responsabilité juridique globale de tous les abus sexuels commis par des prêtres sur ces mineurs depuis des décennies. Ils auraient, selon cette plainte, «toléré et rendu possible le camouflage systématique de crimes sexuels contre des enfants».

Le ménage a été fait

Tous les experts juridiques consultés estiment que cette plainte n’a formellement aucune chance d’aboutir car le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) ne peut ouvrir une enquête qu’à la demande d’un Etat ayant ratifié le Statut de Rome (instituant la CPI) ce qui n’est pas le cas du Vatican. De plus, il n’enquête pas contre des personnes mais sur des crimes.

En revanche l’objectif médiatique et symbolique visé par ces organisations qui entament une tournée des capitales européennes qui se terminera à Rome où ils entendent déposer leur dossier au Vatican, est déjà atteint. La presse, italienne en particulier, mais aussi anglo-saxonne, a largement rendu compte de cette opération de communication. Sur le fond, on estime au Saint-Siège, que Benoît XVI a désormais fait le ménage nécessaire pour mettre fin à la culture du silence qui a longtemps prévalue dans la gestion de ces scandales. Cette culture couvrait de manière totalement irresponsable la minorité de prêtres en cause notamment en les déplaçant sans jamais prévenir les autres paroisses du danger.

Le silence pour ne pas faire de publicité

Le tout, au détriment des jeunes victimes. Elles étaient non seulement physiquement et moralement violées mais aussi rejetées pour accusations mensongères ou comportement déloyal vis-à-vis de l’Eglise catholique quand elles osaient révéler ce qui s’était passé. Le cas le plus emblématique étant l’Irlande où cette culture était devenue un véritable système. Connu de presque tous mais étouffé par une chape de plomb institutionnelle. On a aussi conscience à Rome comme l’indique le conflit diplomatique qui oppose actuellement le gouvernement irlandais et le Saint-Siège sur ce même sujet des prêtres et religieux pédophiles, que les plus hauts responsables de l’Eglise catholique n’ont pas fini d’être mis en cause, non plus par des individus mais par des associations ou des gouvernements, pour la gestion passée de ces affaires.

D’où la mise en œuvre récente d’une politique de réponse juridique au coup par coup au plus haut niveau : après le choc qui avait paralysé l’Eglise catholique au cours de l’année 2009 où ne se passait pas une semaine sans que des scandales sortent dans les pays européens, le Vatican est fermement décidé à ne plus rien laisser passer. Et s’il se tient au silence sur la plainte déposée à La Haye c’est qu’il ne veut pas faire de publicité pour ces associations.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/09/14/01016-20110914ARTFIG00528-pedophilie-le-pape-accuse-de-crime-contre-l-humanite.php

pedophilie-et-eglise