Démission du pape: l’envers du décor – – Bilan

« Au même moment, le département d’Etat américain plaçait le Vatican sur liste noire, le considérant aussi opaque en matière d’accueil de fonds issus de la drogue et d’autres crimes que des juridictions comme le Yémen ou la Corée du Nord. Et ce début d’année, la Banque d’Italie a suspendu, le mois dernier, tous les paiements par cartes bancaires au Vatican, pour des raisons de non-conformité aux standards internationaux du blanchiment d’argent »

Mes amis je vous laisse deviner à quel moment les transactions par carte bleue ont été soudainement ré autorisées … !!

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LES EXPERTS
MYRET ZAKI

Démission du pape: l’envers du décor

Depuis la démission du Pape Benoit XVI, les seuls commentaires que l’on a pu entendre dans les médias ont été : « c’est merveilleux », « c’est magnifique », « c’est beau », « c’est digne ».

Mais où est donc passée l’information, l’analyse? Comme si c’eût été blasphématoire, nulle réflexion n’est développée sur les possibles causes concrètes de son départ. Celles qui concernent l’énorme responsabilité, du moins morale, qui pesait sur ses épaules au vu des multiples scandales qui ternissent plus que jamais la réputation du Vatican. Abus sexuels, blanchiment d’argent, ou encore clientélisme et corruption révélés par le majordome du Pape, tout cela fleure bon la piété, l’intégrité et la dévotion qui règnent au Saint-Siège. La vérité, c’est que les notions de responsabilité, de sanction, de punissabilité, sont aujourd’hui inexistants aussi bien au Vatican et dans les hautes sphères de l’Eglise, que dans les conseils d’administration et les comités de direction.

–       D’abord, Benoit XVI, bien qu’il ait introduit des règles pour améliorer la lutte anti-blanchiment à la Banque du Vatican en 2011, n’a pas réussi à instaurer plus d’éthique et de transparence dans l’institution, qui reste parmi les plus opaques du monde, et dont les comptes secrets ont maintes fois servi au recyclage d’argent criminel. En 2012, un nouveau scandale éclatait : un prêtre était arrêté en Italie après avoir fait transiter sur son compte les fonds de la mafia sicilienne.

Au printemps dernier aussi, le Conseil de l’Europe estimé dans un rapport que la Banque du Vatican n’avait pas suffisamment amélioré ses contrôles anti-blanchiment. Au même moment, le département d’Etat américain plaçait le Vatican sur liste noire, le considérant aussi opaque en matière d’accueil de fonds issus de la drogue et d’autres crimes que des juridictions comme le Yémen ou la Corée du Nord. Et ce début d’année, la Banque d’Italie a suspendu, le mois dernier, tous les paiements par cartes bancaires au Vatican, pour des raisons de non-conformité aux standards internationaux du blanchiment.

–       La suite n’est pas plus prometteuse. Mi-février, la banque du Vatican a engagé un remplaçant pour son ex-directeur, Ettore Tedeschi, renvoyé en mai dernier. Le remplaçant n’est autre qu’un ami de Benoit XVI, le baron Ernst von Freyberg, un aristocrate bavarois qui se trouve être aussi fabricant de navires de guerre pour la marine allemande. Son prédécesseur, Tedeschi, aurait été chassé avant de divulguer à la police les informations qu’il avait sur les comptes secrets de l’institution.

–       Surtout, le scandale qui ternit l’image du Vatican ne se contente pas d’être uniquement financier. Fin 2011, une plainte pour crimes contre l’humanité a été déposée contre Benoit XVI auprès de la Cour internationale de justice. Des victimes d’abus sexuels de prêtres, organisés depuis New York, lui reprochaient d’avoir toléré et dissimulé, durant ses 30 ans de carrière comme cardinal et comme pape, les cas d’abus sexuels d’enfants par des prêtes et d’avoir muté les coupables au lieu de les renvoyer.

Même si la plainte n’a pas abouti, le représentant de Dieu sur terre pour des millions de catholiques a vu son image définitivement ternie par ces scandales. Faisant écho à cette plainte, le rapport 2010 d’Amnesty International avait pour la première fois cité l' »échec persistant » du Vatican à sanctionner les abus sexuels commis par l’Eglise. De la même façon, les cas de maltraitance et de torture de jeunes filles par des sœurs catholiques, comme l’affaire qui a récemment éclaté à Lucerne en Suisse, et pour laquelle le Diocèse de Bâle a présenté des excuses publiques, ont toujours échappé à la moindre sanction.

–       Aujourd’hui, comme si le Vatican admettait la culpabilité de Benoit XVI, il lui demande de résider au Vatican jusqu’à la fin de ses jours, pour préserver à vie son immunité contre toutes poursuites éventuelles.

Le Vatican, ce lieu de haute intégrité, dont la banque donne l’exemple de l’éthique financière et dont les mœurs sont un modèle à suivre, mérite-t-il vraiment l’appellation de Saint-Siège ?

Ce qui est sûr, pour en revenir à la démission de Benoit XVI : c’est que c’est merveilleux, c’est magnifique, c’est beau, c’est digne.

Source : http://www.bilan.ch/myret-zaki/redaction-bilan/demission-du-pape-lenvers-du-decor

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Mère Teresa : tout sauf une sainte… – UdeMNouvelles

Serge Larivée, professeur au Département de psychoéducation de l’Université de Montréal, et ses collègues Carole Sénéchal et Geneviève Chénard, dans le cadre d’un article scientifique qui sera publié dans l’édition de mars de la revue Studies in Religion/Sciences religieuses, présentent une analyse des écrits publiés sur mère Teresa qui déboulonne le mythe d’altruisme et de générosité accolé au personnage. À l’instar du journaliste et auteur Christopher Hitchens, abondamment cité dans leur analyse, ils concluent à la construction d’un personnage auréolé de sainteté – qui ne résiste toutefois pas à l’analyse des faits – et dont la béatification a été orchestrée par une efficace opération de relations médias.

« Alors que nous cherchions de la documentation sur le phénomène de l’altruisme dans le cadre d’un séminaire sur l’éthique, l’un de nous est tombé sur l’œuvre et la vie d’une des femmes les plus encensées par l’Église catholique et faisant aujourd’hui partie de notre imaginaire collectif : mère Teresa, de son vrai nom Agnes Gonxha, explique le professeur Larivée. La description qui en était faite était si dithyrambique que cela a piqué notre curiosité et nous a donné envie de pousser notre recherche plus loin. »

Les trois chercheurs ont donc répertorié 502 ouvrages consacrés à la vie et l’œuvre de mère Teresa. Après avoir éliminé 195 doublons, ils ont consulté 287 ouvrages pour mener à bien leur travail d’analyse, ce qui représente 96 % de la littérature sur la fondatrice de l’ordre des Missionnaire de la charité (MC).

Les faits déboulonnant le mythe de mère Teresa 
Dans leur article, Serge Larivée et ses collègues font aussi état d’un certain nombre de problèmes dont le Vatican n’a pas tenu compte dans le processus de la béatification de mère Térésa, soit  « sa manière pour le moins discutable de soigner les malades; ses contacts politiques douteux; sa curieuse gestion des faramineuses sommes d’argent qu’elle a reçues et un dogmatisme excessif notamment à l’égard de l’avortement, de la contraception et du divorce. »

Les malades doivent souffrir comme le Christ sur la croix
Au moment de son décès, mère Teresa avait ouvert  517 missions accueillant les pauvres et les malades dans plus de 100 pays. Ces missions ont été qualifiées de mouroirs par des médecins ayant visité plusieurs de ces installations à Calcutta. Les deux tiers des personnes fréquentant ces missions espèrent y trouver un médecin pour être soignées et l’autre tiers agonise sans recevoir les soins appropriés. Les médecins y observent un important manque d’hygiène dans les locaux, voire de l’insalubrité, une rareté de soins réels, un régime alimentaire insuffisant et l’absence d’antidouleurs. Ce n’est pas un manque  d’argent qui est en cause – la Fondation mise sur pied par mère Teresa a amassé des centaines de millions de dollars – mais une conception particulière de la souffrance et de la mort : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance », répond-t-elle aux reproches, rapporte le journaliste Christopher Hitchens.  Et pourtant, lorsque mère Teresa a eu besoin de soins palliatifs, c’est dans un hôpital américain ultramoderne qu’elle les a reçus.

Contact politique douteux et comptabilité obscure
Mère Teresa était très généreuse de ses prières, mais plutôt avare des millions de sa fondation au regard des souffrances de l’humanité. Lors des nombreuses inondations majeures en Inde ou lors de l’explosion d’une usine de pesticides à Bhopal, elle offre ses prières ou des médailles de la Sainte Vierge, mais aucune aide directe ou monétaire. Elle n’a pas non plus de scrupules à accepter la Légion d’honneur et une bourse de la part du régime dictatorial des Duvalier en Haïti. C’est par millions que l’argent transitait dans les divers comptes bancaires des MC, mais la plupart des comptes étaient tenus secrets, énumère Serge Larivée. Compte tenu du « caractère parcimonieux de la gestion des œuvres de mère Teresa, on peut se demander où sont passés les millions destinés aux plus pauvres parmi les pauvres ? » se questionnent les chercheurs.

Un excellent plan média vers la sainteté
Malgré tous ces faits troublants, comment mère Teresa a-t-elle pu réussir à se construire une image de sainteté et de bonté infinie? Selon les trois universitaires, la rencontre à Londres en 1968 de Malcom Muggeridge de la BBC, un journaliste anti-avortement partageant les valeurs de l’aile droite catholique, est déterminante. Ce dernier décide de faire la promotion de la religieuse qui découvre alors l’efficacité des médias de masse. En 1969, il réalise un film dithyrambique sur la missionnaire et il en fait la promotion en affirmant qu’on peut y voir le « premier miracle photographique », qu’il attribue à mère Teresa alors qu’il aurait dû l’attribuer à la nouvelle pellicule mise en marché par Kodak. S’ensuit de nombreux voyages pour la religieuse sur les cinq continents, de nombreux prix, dont le plus prestigieux, le Prix Nobel de la paix. Dans son discours de remerciements, au sujet des Bosniaques violées par des Serbes et désirant avorter,  elle dira : « I feel the greatest destroyer of peace today is abortion, because it is a direct war, a direct killing – direct murder by the mother herself. »

À la suite de son décès, le Vatican décide ne pas attendre les habituels cinq ans avant d’ouvrir le procès en béatification. Le miracle qu’on lui attribue est la guérison d’une femme, Monica Besra, souffrant d’une intense douleur à l’abdomen. L’application sur son abdomen d’une médaille bénite par mère Teresa l’aurait guérie, prétend cette femme. Pourtant, ses médecins sont d’avis contraire : le kyste ovarien et la tuberculose dont elle souffrait ont été guéris par les médicaments qu’ils lui ont administrés. Le Vatican conclut malgré tout au miracle. La popularité de mère Teresa était telle qu’elle en était devenue une intouchable pour la population, qui l’avait elle-même déclarée sainte. Pour le Vatican, quoi de mieux que la béatification, puis la canonisation « de ce modèle pour revitaliser l’Église et inspirer les fidèles surtout à l’heure où les églises se vident et l’autorité romaine décline », suggèrent les chercheurs.

L’effet positif du mythe de la mère Teresa 
Malgré sa façon douteuse de prendre soin des malades en glorifiant leurs souffrances plutôt qu’en les soulageant, Serge Larivée et ses collègues soulignent l’effet positif du mythe de mère Teresa : « Si l’extraordinaire figure de mère Teresa transmise à l’imaginaire collectif a suscité des vocations d’humanitaires authentiquement engagés auprès de populations écrasées par la misère, on ne peut que s’en réjouir. »  « Il est fort probable qu’elle ait inspiré plusieurs travailleurs humanitaires dont les actions ont permis de soulager véritablement les souffrances des déshérités et de s’attaquer aux causes de la pauvreté et de l’isolement, et sans que ceux-ci soient portés aux nues par les médias, ajoute Serge Larivée. Malgré tout, il aurait été souhaitable que les médias qui ont couvert l’œuvre de mère Teresa fassent preuve de plus de rigueur », conclut-il.

Références sur l’étude 
L’article Les côtés ténébreux de Mère Teresa de Serge Larivée, de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, Carole Sénéchal, de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, et Geneviève Chénard, de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, peut être consulté en ligne sur le site Web de Studies in Religion/Sciences religieuses.

La version imprimée sera publiée en mars 2013 dans le numéro 42 Studies in Religion/Sciences religieuses.

Ces travaux de recherche n’ont pas fait l’objet de subventions ou de financement particulier.

Sur le Web :

 

Contact médias :
Julie Gazaille
Attachée de presse
Université de Montréal
+ 1 514 343-6796
j.cordeau-gazaille@umontreal.ca

Source : http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/theologie-religions/20130221-mere-teresa-tout-sauf-une-sainte.html?utm_source=infolettre&utm_medium=courriel&utm_campaign=udemnouvelles

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Le Figaro – France : Pédophilie : le Pape accusé de crime contre l’humanité


Crédits photo : VINCENZO PINTO/AFP
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Le Vatican ne s’inquiète pas de la plainte déposée à Cour pénale internationale à propos des affaires de pédophilies

Au Vatican, la plainte déposée lundi contre Benoît XVI et trois cardinaux devant la Cour pénale internationale (CPI) par deux organisations américaines de défense de victimes de prêtres pédophiles (SNAP : Réseau des survivants des personnes abusées par des prêtres ; CCR Centre pour les droits constitutionnels) n’impressionne pas.« No comment » a lâché le Père Fédérico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège devant l’épais dossier de 20 000 pages déposé au tribunal de La Haye (Pays-Bas) visant nommément le Pape et les cardinaux Tarcisio Bertone, Angelo Sodano (respectivement actuel et ancien Secrétaire d’Etat, c’est-à-dire, numéro 2 du Vatican) et William Levada (actuel Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi). Ces quatre personnalités sont accusées de « crime contre l’humanité ». Ces deux associations leur faisant implicitement endosser la responsabilité juridique globale de tous les abus sexuels commis par des prêtres sur ces mineurs depuis des décennies. Ils auraient, selon cette plainte, «toléré et rendu possible le camouflage systématique de crimes sexuels contre des enfants».

Le ménage a été fait

Tous les experts juridiques consultés estiment que cette plainte n’a formellement aucune chance d’aboutir car le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) ne peut ouvrir une enquête qu’à la demande d’un Etat ayant ratifié le Statut de Rome (instituant la CPI) ce qui n’est pas le cas du Vatican. De plus, il n’enquête pas contre des personnes mais sur des crimes.

En revanche l’objectif médiatique et symbolique visé par ces organisations qui entament une tournée des capitales européennes qui se terminera à Rome où ils entendent déposer leur dossier au Vatican, est déjà atteint. La presse, italienne en particulier, mais aussi anglo-saxonne, a largement rendu compte de cette opération de communication. Sur le fond, on estime au Saint-Siège, que Benoît XVI a désormais fait le ménage nécessaire pour mettre fin à la culture du silence qui a longtemps prévalue dans la gestion de ces scandales. Cette culture couvrait de manière totalement irresponsable la minorité de prêtres en cause notamment en les déplaçant sans jamais prévenir les autres paroisses du danger.

Le silence pour ne pas faire de publicité

Le tout, au détriment des jeunes victimes. Elles étaient non seulement physiquement et moralement violées mais aussi rejetées pour accusations mensongères ou comportement déloyal vis-à-vis de l’Eglise catholique quand elles osaient révéler ce qui s’était passé. Le cas le plus emblématique étant l’Irlande où cette culture était devenue un véritable système. Connu de presque tous mais étouffé par une chape de plomb institutionnelle. On a aussi conscience à Rome comme l’indique le conflit diplomatique qui oppose actuellement le gouvernement irlandais et le Saint-Siège sur ce même sujet des prêtres et religieux pédophiles, que les plus hauts responsables de l’Eglise catholique n’ont pas fini d’être mis en cause, non plus par des individus mais par des associations ou des gouvernements, pour la gestion passée de ces affaires.

D’où la mise en œuvre récente d’une politique de réponse juridique au coup par coup au plus haut niveau : après le choc qui avait paralysé l’Eglise catholique au cours de l’année 2009 où ne se passait pas une semaine sans que des scandales sortent dans les pays européens, le Vatican est fermement décidé à ne plus rien laisser passer. Et s’il se tient au silence sur la plainte déposée à La Haye c’est qu’il ne veut pas faire de publicité pour ces associations.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/09/14/01016-20110914ARTFIG00528-pedophilie-le-pape-accuse-de-crime-contre-l-humanite.php

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